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198 L'ACADÉMIE DE LYON
Brossette, est un des principaux fondateurs de l'Académie.
D'une noble et riche famille de magistrats, Puget a consacré
toute sa vie et toute sa fortune aux sciences et aux lettres ;
il est a la fois physicien , naturaliste et poète. 11 prit contre
Huygens la défense de l'hypothèse de Descartes sur l'ai-
mant. Pour démontrer ses diverses propriétés, il avait
imaginé plusieurs machines qu'on admirait dans son cabinet
de physique , un des plus riches de l'Europe. Voici ce que
lui écrivait Malebranclie au sujet d'un mémoire sur les yeux
des insectes : « J'ai lu avec avidité vos observations et cette
lecture a excité en moi deux espèces d'admiration différentes :
l'une sur l'art infini de la sagesse divine, l'autre sur votre
sincérité et votre attachement désintéressé pour la vérité,
qualité très-rare chez les auteurs (1). » Lafontaine, que Lyon
a quelque temps possédé, a emprunté à une allégorie sati-
* rique de Puget contre la mauvaise administration des deniers
de la ville, l'idée de la fable du Chien qui porte à son cou le
dîner de son maître; il a même conservé a sa fable ce
caractère de satire municipale qui atteste sa véritable origine :
Je crois voir en ceci l'image d'une ville
Où l'on met les deniers à la merci des gens.
Echevins, prévôt des marchands,
Tout fait sa main (2).
« J'admire combien vous êtes d'hommes merveilleux dans
Lyon, » écrivait Boileau a Brossette, en parlant de Puget
dont il loue les vers, les mémoires et les machines.
Avec les lettres et les éloges de Boileau passeront aussi a la
postérité deux autres membres de notre Académie, les deux
(1) Ce fragment de lettre de Malebranche se trouve dans une lettre de
Brossette à Boileau, du 10 août 1706.
(2) La fable de Puget est citée tout entière par Brossette dans une let-
tre à Boileau du 2t décembre 1706. Celte fable, quoique bien inférieure Ã
celle de Lafontaine, n'est pas sans quelque mérite.