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                     LE PÈRE DE LA CHAIZE.                       43
roi) le P. Deschamps en sa place, qui bravement reiusa l'absolution.
   Quoi qu'il en soit, le P. de la Chaize n'en poursuivait pas
moins son but avec persévérance, et madame de Montespan
qui était femme et jalouse à l'excès de sa puissance et du cœur de
Louis XIV, ne s'y méprit jamais. Elle comprenait fort bien que
le silence du confesseur n'était pas de la complaisance. Aussi
lui avait-elle voué une profonde haine, que l'habile Jésuite sut
 rendre inutile jusqu'à la fin.
   Madame de Maintenon écrivait, en 4682, au cardinal de
Noailles et au moment du déclin de la faveur de madame de
Montespan :
   « Elle sèche de notre joie, elle meurt de jalousie ; tout lui
déplaît, tout l'importune.... Elle en veut surtout au Père de la
Chaize qui ne fait que son devoir, mais qui le fait mieux que
jamais. Nous vivons avec toutes les apparences d'une sincère
amitié. Les uns disent que je veux me mettre à sa place, et ne
connoissent ni mon éloignement pour ces sortes de commerce
ni l'éloignement que je voudrois en inspirer au roi. »
   Madame de Maintenon disait vrai. Depuis l'année 4670 où elle
fut appelée à la cour, en qualité de gouvernante des enfants du
roi, jusqu'au moment de la retraite de madame de Montespan,
elle s'appliqua avec le zèle le plus soutenu et le plus entier
désintéressement à rappeler le roi au sentiment de sa véritable
grandeur. Elle avait alors quarante ans, trois de plus que
Louis XIV ; mais elle était encore dans tout l'éclat de sa beauté.
La sûreté de son jugement, la portée de son esprit, sa modestie,
la noblesse de son caractère n'échappèrent point au roi dès les
premiers jours. Insensiblement, elle sut gagner l'affection et la
confiance du monarque par les qualités les plus opposées à celles
de madame de Montespan. Rien n'égalait le charme paisible de
ses entretiens ; aussi le roi, qui la voyait souvent auprès de son
altière maîtresse, et qui savait son attachement profond pour le
duc du Maine et ses autres enfants, s'était-il fait de la voir l'ha-
bitude la plus douce et la plus irrésistible.
  Elle devina ses sentiments secrets ; mais, au lieu d'user de
son crédit naissant pour elle-même, elle prit la magnanime ré-