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402          ÉTUDE SUR LA LANGUE DES HÉBREUX.
ou parmi les larmes du repentir, ses aspirations religieuses ne se
fixèrent jamais dans les pures régions du monde invisible.
    Après cela , si quelque chose paraît étonnant, c'est que
ces tendances sensuelles ne l'aient pas abaissé à terre , pour
lui faire adorer la nature. Le polythéisme aurait dû, ce semble ,
entrer de plein droit dans son temple et devenir sa religion.
Mais la seconde partie de l'âme d'Israël lui vint de Dieu qui
l'avait choisi pour conserver sur la terre l'intégrité de son nom
et la pureté de sa parole. Le peuple élu eut des infidélités à expier;
il plia le genou devant Baal et Astharoth, divinités étrangè-
res ; il ne s'arrêta jamais à adorer ces forces occultes et mysté-
rieuses de la nature qui trompèrent les plus hauts esprits des
temps anciens et obtinrent l'encens des meilleures nations de la
terre. Sa gloire, c'est de n'avoir jamais oublié le nom dont Jéhova
s'était appelé : Je suis celui qui suis : et cette sublime appellation,
qui est sans contredit la plus haute notion à laquelle son esprit
soit arrivé, ne lui permit jamais de déchoir jusqu'à multiplier Dieu
et diviser son incommunicable essence. Le nom de déesse, en
hébreu, ne serait pas seulement un blasphème, il serait encore uni
horrible barbarisme.
   Tous les descendants d'Abraham ont une idée de Dieu si
grande, que rien dans la nature ne les surprend. Aujourd'hui en-
core, quand l'Arabe , ce fils d'ismaèl, qu'Abraham chassa de sa
tente avec sa mère et renvoya au désert, quand l'Arabe est mis
en face des spectacles les plus capables de le frapper d'étonne-
ment, il répond avec gravité : Dieu est grand, et ne s'arrête pas
un instant à ces causes secondes, dont les vertus cachent la vertu
divine,
   Et, en effet, est - il un peuple qui puisse se vanter d'avoir
vu Dieu d'aussi près et d'avoir assisté à rien d'aussi solennel,
que le peuple qui passa quarante ans dans le désert du Sinaï.
Ses origines , ses lois, ses institutions , son intelligence , sa
destinée entière sont l'œuvre même de Dieu. Pour lui les cieux
sont plus rapprochés de la terre, et il entre à chaque instant en
conversation familière avec le Très-Haut.
   Aussi sa langue et sa littérature, associées à sa mission provi-