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ET DE L'ARCHÉOLOGIE. 31Ô rations gothiques, concours et constructions dans le style go- thique, publications innombrables, engouement exclusif du clergé, enseignement dans les séminaires, rien n'y a manqué, si ce n'esl toutefois, cette sage modération qui fait donner un juste prix aux choses, si ce n'est cet esprit d'analyse qui fait considérer à un artiste, dans un édifice, bien moins la forme et les détails que le principe même qui y a présidé et les a motivés, si ce n'est cet esprit de raisonnement qui, tournant à notre profit toutes ces études des lemps passés, sait pourtant en rejeter les parties vicieuses. L'archéologie, en tant que science s'appliquant à renouer la chaîne des Iraditions, considérée surtout au point de vue de l'histoire de l'art, et en vue de la restauration des édifices du moyeri-â*ge, est certainement une chose très-heureuse et peut rendre de signalés services. Mais là doit s'arrêter sa mission. Donner à l'archéologie une importance plus grande, en faire un art tout spécial et qui prenne le pas sur l'architecture pro- prement dite, c'est tomber dans l'excès, et nous le répétons , faire, fausse route. L'architecture, ne l'oublions pas, a une mission bien plus grande à remplir. Elle ne cherche pas seulement ses inspira lions dans les lemps passés ; elle s'occupe surtout des temps présents et se préoccupe encore de l'avenir. Et pourquoi retournerions-nous ainsi en arrière ? Pourquoi, alors que plusieurs aulres arts et surlout l'industrie progres- sent à l'envie, une rétrogradation, jusque là inouïe en architec- ture, de quatre ou cinq siècles? Où donc serait le progrès alors? Car enfin, la civilisation ne peut exister sans lui; quelle amélioralion les efforLs si re- marquables de l'industrie nous auront-ils apportés, si nous nous donnons pour lâche de reproduire détail pour détail, moulure pour moulure, telle ou telle époque déterminée de l'architecture ogivale?