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316 DE L'ARCHITECTURE Nous ne pensons pas nous contredire en admirant le style ogival et en détournant cependant de l'idée de la reproduction exacte de ce style. ;. L'architecture ogivale, en effet, pas plus que toute autre , n'a été un type révélé ou créé tout d'une pièce. — Plus que toute autre peut-être môme, et ce n'est pas là son moindre mérite, elle s'est modifiée profondément suivant le perfection- nement delà société ou des autres arts qui concourent à son exécution. — D'un siècle a l'autre, d'un demi-siècle à l'autre, les modifications sont si notables, que des noms distincts sont devenus nécessaires pour les spécifier; et nous n'aurions, nous, que le choix de l'une de ces époques comme type, sans y rien ajouter et sans en rien retrancher quelque contre-sens qui en résulte ! Cest méconnaître complètement le principe éminemment créateur et rationnel de cette architecture que l'on veut ressus- citer, que de la copier servilement à cinq cents ans d'inter- valle. Que de fausses idées n'ont pas d'ailleurs été émises, impri- mées et répandues par bon nombre de MM. les archéologues amateurs, trop peu contestées par les archéologues architectes. Laissons les discoureurs en architecture, phraser à l'envi sur le symbolisme chrétien. Il peut être très joli de voir dans les innombrables piliers de la Cathédrale un souvenir des forêts germaniques, dans le reflet des vitraux, le sang de la victime divine, dans le chevet avec ses chapelles rayonnantes, la tête et la couronne du Christ et mille autres inventions plus ou moins ingénieuses. Mais un architecte ne doit point raisonner ainsi. —C'est, nous l'avons dit, en se mettant à la remorque des écrivains que les artistes perdent le sentiment de leur ori- ginalité. Ne faisons pas de l'enthousiasme de convention, et sachons nous attacher plus au principe qu'à la forme, car celte der-