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                  DES PREMIERS SIÈCLES, ETC.                    505
permettre aux premiers germes de la civilisation des Gaules de
s'affermir et de porter leurs fruits.
   Rome parait. Devenue, par l'effet de circonstances particuliè-
res, et presque du hasard, maîtresse d'un petit territoire voisin
de la Méditerranée, elle est bientôt entraînée par le besoin d'as-
surer sa conquête à s'étendre de proche en proche, et les huit
campagnes de César conduisent ses aigles jusqu'à la mer sep-
tentrionale et jusqu'à la frontière du Rhin. Chaque pas de ses
légions fait reculer la barbarie. Elle élève, aux extrémités de son
empire, des frontières que les invasions pendant cinq siècles ne
franchiront pas. Elle arrête cette menace de destruction qui était
perpétuellement suspendue sur l'ancienne Gaule. A l'intérieur,
elle force les tribus guerrières à accepter la paix qu'elle leur im-
pose ; elle les fixe au sol en changeant leurs chefs en propriétai-
res et leurs membres en cultivateurs sédentaires ; elle leur donne
la culture du froment et la connaissance de nouveaux arts mé-
caniques ; elle construit des travaux publics, des routes et des
monuments. Elle poursuit dans leurs dernières retraites les rites
sauvages et les sacrifices de sang, et apporte avec ses colons
l'esprit d'industrie, d'entreprise, les goûts d'une société plus
éclairée et civilisée quelquefois jusqu'à l'abus.
   Le génie romain n'est pas seulement le génie de la conquête ;
il est aussi celui de la loi. Cicéron se plaignait que César, vain-
queur des Gaulois, n'eût pu leur donner encore un droit certain
et des lois régulières. La Rome des Empereurs a rempli cette
tâche, et sans parler du droit civil qu'elle a fondé, de ce droit
que la reconnaissance des siècles modernes a nommé la raison
écrite, rappelons que toutes nos institutions de gouvernement et
d'administration furent son Å“uvre. C'est elle qui, en attachant
à la propriété, dans les villes et dans les campagnes, des pouvoirs
étendus avec une responsabilité, en organisant le gouvernement
des municipalités et celui des cantons, en créant une justice,
une armée, des finances, a jeté sur notre sol les bases de ces
institutions destinées à traverser les retours divers de la barbarie.
   Qu'il me soit permis de faire comprendre par un exemple tiré
de notre temps le rôle que les Romains ont rempli dans les Gau-