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                 HISTOIRE DES JOURNAUX DE LYON.                            467
avaient montrée. Le journal à qui on doit le soulèvement d'une
partie de ces passions, n'approuve pas ces criminelles violences ;
il va même jusqu'à les blâmer, mais sans indignation et en les
appelant de repréhensibles écarts (1).
   Le Réveil du Peuple fut trop souvent une provocation au
meurtre et un appel à ces terribles exécutions. Aux premières
 mesures de ce chant funèbre, les cerveaux se troublaient, les es-
 prits s'enivraient de vengeance, et la répression des coupables
 agitateurs n'était pas toujours aussi facile que le journal veut
 bien nous le conter.
    « Indignés de l'élargissement des Terroristes, dit-il, les Lyonnois ont crû
que le chant du Réveil du Peuple feroit sur eux l'effet que l'eau bénite fait
stir le diable. Depuis quelques jours, nos salles de spectacle retentissoient de
ce chant exorciste contre ces satans. Le commandant de la place, Lapoype,
a fait des observations aux exorciseurs, et le calme s'est rétabli. » [Journal
de Lyon, 3 vendémiaire, an iv, 24 septembre fjgS).

  Ce calme dut être de bien peu de durée. L'autorité locale était
sans pouvoir, et les partis n'avaient pas désarmé.
  Au milieu de ces cruelles agitations, la poésie s'était cachée,
mais elle n'était pas morte, et, de loin en loin, elle apparaissait
encore par intervalles fugitifs. Au milieu des sombres procla-
mations des Représentants du peuple, et perdues entre les dis-
cours ou les arrêtés de la Convention, le lecteur avait trouvé
naguère des stances dans le genre de celle-ci :


     (r) « Lyon continue de se livrer à des exécutions illégales contre les Ter-
 ci roristes. Il est peu de jours qui ne soient marqués par quelqu'un de ces actes
 « que nous appellerions féroces, si la vengeance de la mort d'un père, d'un pâ-
 te rent, d'un ami, quoique exercée arbitrairement, ne prenoit pas sa source dans
 « la nature... Déjà plusieurs communes voisines se sont rendues coupables
 « des mêmes excès. Bourg... et Saint-Etienne viennent de mettre la viola-
  « tion des lois à l'ordre du jour contre les hommes de sang... Villes et ilé-
  « parlements qui dites que c'est à son exemple que vous vous signalez par
  « des vengeances arbitraires, ne sauriez-vous imiter notre commune que dans
  c ses repréhensibles écarts ? » (Journal de Lyon, 3 floréal, an III, 22 avril
   e
  1795).