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388        '           DES SEGCSIAVI LÃŽBERI.
   V. Tous les domaines de l'Etat avaient été aliénés dans le
dernier siècle de la République ; les citoyens romains jouissaient
de l'exemption de l'impôt foncier depuis l'an 585 de Rome et de
tous les droits de douane, d'octroi et de péage, depuis l'an 694
(Dion. XXXVII, 51). En 705 de Rome, César s'était emparé du
trésor public, puis il avait distribué à chacun de ses vétérans jus-
qu'à vingt-quatre mille sesterces, quatre mille fr. de notre mon-
naie. (Suétone, César, 38). Pour satisfaire à ses prodigalités, An-
toine avait admis un grand nombre de personnes au droit com-
plet de cité ; ce qui, sous la république , entraînait l'exemption
d'impôts (Cicéron, Philipp. II, 17) ; Auguste, après avoir mis
un impôt sur toutes les terres de l'Italie (Dion, IV, 20), fut obligé,
par suite du soulèvement général qu'il avait excité, de le sup-
primer après la bataille d'Actium.
   A côté de tout cela, l'Empire naissant avait besoin, comme
tous les gouvernements qui commencent, de se soutenir par des
dépenses nouvelles, par de nombreuses satisfactions accordées
à des exigences et à des besoins nouveaux. C'est dans ces cir-
constances qu'Auguste chercha à généraliser l'impôt territorial,
et à supprimer , autant que possible , les perceptions en dîmes
ou en nature , pour les convertir en un impôt en argent, fixe
et déterminé.
   VI. Isidore (Orig. V. 36) et Cassiodore(lII, 52) montrent par-
faitement que tel fut le but d'Auguste, par son recensement ; c'est-
à-dire d'introduire l'uniformité dans l'impôt et de supprimer
les taxes variables , œuvre nécessairement lente et difficile,
comme cela arrive toujours toutes les fois qu'on veut substituer
un impôt nouveau à un impôt existant. Ajoutons, parce que
c'était une nécessité de situation et que c'est d'ailleurs une ten-
dance de tous les gouvernements, que le grand et véritable but
d'Auguste, en cela, était surtout d'augmenter l'impôt, pour
accroître les revenus de l'Etat.
   VII. Hygin, qui écrivait sous Trajan, nous apprend que, de
son temps, toutes les terres des provinces étaient soumises à
l'impôt : his omnibus agris vectigal ad modum ubertatis per
singula jugera constitutnm,. Hygin explique que plusieurs