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DES SEGUSIAVI LIBERI. 389
contrées qui étaient autrefois soumises à une prestation de
fruits, étaient assujetties, de son temps, à une contribution
foncière en argent : nunc rnultis pecuniam, et per hoc soli œsti-
mationem (\).
VIII. Dès que le recensement ordonnépar Auguste fut effectué,
un des premiers soins de cet empereur fut de nommer des pro-
curateurs. Le premier procurateur de ia Gaule fut Licinius, cet
affranchi dont l'histoire et les rapines ont été si énergiquement
retracées par Dion.
Aussi, toutes les cités des Gaules, fédérées, libres ou réduites
en province, furent recensées, et, dès lors, payèrent un impôt
sous Auguste, de même que, sous Tibère, son successeur, ce que
nous voyons par Velleius Paterculus, qui vivait sous ce dernier
empereur, et qui explique que, de son temps, toutes les Gaules
acquittaient, envers Rome, une contribution en argent : ignawum
conferrunt stipendium (lib. II).
IX.Comment pourrait-on croire que les empereurs, qui étaient
si avides d'argent et si habiles dans l'art de se créer des res-
sources financières, et particulièrement Auguste, dont le sanctius
œrarium était épuisé, lui qui, au dire de Dion, avait eu recours
à tant de ruses pour pouvoir établir la taxe du vingtième sur les
legs et les successions collatérales, auraient dispensé d'impôts,
pour ne parler que des trois Gaules, les Rhémois, les Eduens, les
Garnutes fœderati, les Nerviens, lesSoissonnais,les Ulmanètes,
les Tongres, les Leuces, les Trévériens, les Meldes et les Sé-
gusiaves, tous liberi ; et enfin dispensé de même de l'impôt tou-
tes les autres cités des diverses nations qui avaient également le
titre de liberœ.
Il ne faut pas oublier, comme nous l'avons déjà dit, que les
peuples des Gaules qui reçurent le titre de liberi ne l'obtinrent
pas par un traité d'alliance avec les Romains, en vertu d'une con-
(i) De Limitibus constiluendis.p. 198. Ed. Qoesii.
Savigny pense que, sous Marc-Aurèle, l'impôt foncier devint générai. Nous
voyons, par ce que rapporte Velleius Paterculus (lîv, 2), que, sous Tibère,
toutes les Gaules payaient un impôt en argent.