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354                BASSIN ROUILLER DE LA LOIRE.
 coup au dessus de ceux qu'aurait déterminés la libre concur-
 rence. (Art. 419 du code pénal).
    L'un de ses défenseurs a cherché à justifier la hausse des
 prix, en disant que, dans un pays où la demande s'élève tous les
jours, avec les frais d'extraction et des salaires, une hausse
 correspondante est un fait naturel et légitime.
    Ce défenseur a été fort mal renseigné. Loin qu'il y ait eu
 augmentation des frais d'extraction, l'administration de la Com-
 pagnie a plusieurs fois, dans ses rapports annuels, exprimé le
 contraire. Dans celui du 30 mars 1850, elle a dit textuellement
que les bénéfices de l'année précédente proviennent presque
exclusivement des économies apportées dans l'extraction.
    On peut encore moins attribuer la hausse à l'accroissement des
 besoins de la consommation, puisque ces besoins ont diminué de-
 puis 1846,etn'ont jamais atteint le chiffre de la production. Chaque
 année, il y a eu des excédants considérables qui, suivantles rap-
 ports administratifs, encombrent les entrepôts. Si aucune cause
 naturelle n'a pu motiver la hausse des prix, à quoi peut-on l'attri-
buer, si ce n'est à la volonté arbitraire des détenteurs de la denrée?
    L'on voit se renouveler aujourd'hui dans le bassin de la Loire
un phénomène qui fut reproché, en 1837, aux exploitants des
houillères du nord. Le prix de la houille était plus élevé sur les
mines que sur le rivage de la mer. D'où provenait cette anoma-
lie ? de ce qu'ils n'avaient pas de concurrents sur les lieux et qu'ils
en trouvaient aux points où leurs produits rencontraient ceux
de l'étranger. Le même abus se reproduisit dans l'exploitation
de la Compagnie des mines de sel de l'est. Le prix du sel, par le
même motif, était moins élevé à 30 lieues de distance que sur les
lieux mêmes de l'exploitation. Sur les plaintes des populations
locales, un projet de loi fut présenté et soumis à l'examen d'une
 commission qui insista sur le principe de la libre concurrence et
prix moyen a été en 18S0 de 0,81,40 par hectolitre ou 1,01,75 pour 100
kil. La hausse au premier abord ne parait que de 57 pour cent ; mais comme
la Compagnie fait,des remises à certaines usineset aux consommateurs éloignés,
le prix moyeu pour tous les autres est de plus de 50 pour cent en sus des
anciens prix.