Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                 HISTOIRE DES JOURNAUX DE LYON.                          331
sang humain et orné de cinq carcans, telle fut ma demeure. .Te n'en fus re-
tiré que pour être Conduit à Paris...
   ... Oui, j'ose le dire, la persécution que j'essuye n'est pas même l'effet
du soupçon. J'étois le Voyant, le Marat de Lyon ; les Feuillants et les Rol-
landins, la Gazelle universelle et le Journal de Louvet m'avoient depuis long-
temps honoré de ce nom...
LAUSSEL, procureur de la commune de Lyon, fondateur des sociétés populaires.

  Laussel s'était entouré d'hommes choisis et dignes de lui;
voilà ce que nous trouvons dans le Surveillant du 4 février
1792 sur un de ses collaborateurs .-
   Plusieurs gazettes ont parlé des aventures de M. Caffe, et la plupart en
ont rendu un compte fort inexact. Nous pouvons garantir les détails suivants :
   M. Caffe, ci-devant co-rédacteur du Moniteur du département de Rhône et
Loire, avoit abandonné le métier de journaliste pour s'engager dans le second
bataillon des volontaires. Le patriotisme brûlant dont il étoit animé le dé-
termina bientôt à souffrir qu'on mit son nom à la tête d'un ouvrage intitulé :
Cris de la Savoie. Le gouvernement fit informer contre lui ; il fut condamné
à être pendu en effigie. Le bataillon auquel il appartenoit, d'ailleurs, mé-
content de sa conduite, crut devoir profiter de cette occasion, et le chassa
de son sein...

   Caffe, aussi immoral que Laussel, n'avait écrit dans le Jour-
nal de Lyon que pendant l'année 1791. L'Ange, peintre, qui fut
secrétaire du comité central au commencement de 1791, était
aussi leur assidu collaborateur,
   Laussel sorti de la rédaction du journal (au mois de février
1792), la feuille, entre les mains de Carrier, ne fut d'abord ni
moins furibonde ni moins redoutée. Au mois de mars, elle prit
pour devise : « Liberté de la presse ou la mort. » Le 3 août, n° 70,
elle supprime la dédicace aux bataillons et aux sections ; sa devise
devient alors.- « La liberté, toute la liberté, rien que la liberté
ou la mort. » Au n° 77, elle la simplifie en disant : « la liberté
ou la mort » et, quelque temps après, en disant plus simple-
ment encore : Liberté, égalité. » Une révolution vient de se faire
dans ses idées. Le 10 août a eu lieu, et la Gironde autrefois si
hardie, tremble à son tour devant les Jacobins.
   Les massacres de septembre et les décrets de la Convention,
la mort de Louis XVI et la guerre que se font les différents par-