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                          DE LA SAONE.                         239
vapeur, constitue en effet l'une des principales améliorations
introduites dans leur construction, en ce que la tôle donne au
bateau beaucoup plus de légèreté, avec plus de solidité.
   Le premier bateau à vapeur qui fut placé sur la Saône, porta
le nom de Papin. Il fut d^abord destiné à la remorque des
marchandises. Ce bateau avait deux machines, de la force de
35 chevaux qui furent fournies par M. Maudslax de Londres, et
la chaudière, par M. Seguin de Paris. La coque fut construite à
Vaise par M. Mauriac.
   Le Papin navigua pendant deux ans sur la Saône, comme
remorqueur de marchandises et fut ensuite, en 1838, affecté au
transport des voyageurs, après qu'on y eut placé des chaudières
de Speuler. Il remontait de Lyon à Châlon en douze heures
environ. Sa dépense, en combustible, était la même que
celle de tous les bateaux de cette époque, c'est-à-dire de
six kilogrammes de houille Pérat par force de cheval et par
heure.
   La Compagnie des paquebots, qui s'était fondue dans la
Compagnie générale des bateaux à vapeur du Rhône, fit, à
son tour, une coque en tôle, et y adapta les machines du
Télégraphe. Ce bateau nommé la Colombe obtint, malgré
une moindre force, une vitesse égale à celle de l'Hirondelle
n° 3.
   Tous les bateaux construits jusqu'alors pour la Saône avaient
une longueur de 30 à 34 mètres au plus et tous laissaient
beaucoup à désirer sous le rapport de l'élégance et de tout ce
que réclamait la commodité des voyageurs. M. Louis Breittmayer
aîné fut le premier qui, en 1839, plaça sur la Saône un bateau
dénommé l'Aigle, d'une bien plus grande dimension que tous
ceux qui avaient navigué sur cette rivière et dont l'intérieur
présentait aux premières places la distribution tout-à-fait nou-
velle d'une salle à manger, d'un salon et d'un arrière petit salon,
le tout fort élégamment orné. L'ameublement de ce bateau, tout
en soie et en bois précieux, richement décoré dé glaces et de
dorures, semblait en quelque sorte rappeler le fameux bateau
sur lequel s'embarquaient, le 13 avril 1701, le due de Bourgogne