page suivante »
184 LA COUSINE BRIDGET. Cousine Bridget ne fit aucune réponse, mais se tournant verg Peggy, elle lui dit : — Asseyez-vous, jeune fille, et remettez-vous avant de retour- ner à la maison de votre mère, que cette fois, je l'espère, vous aurez moins hâte de quitter. Apprenez à trouver une vie hon- nête dans une humble demeure préférable à une vie coupable dans un palais. Peggy obéit, et deux grosses larmes coulèrent lentement le long de ses joues rougissantes, et, de temps en temps, un fris- son semblait parcourir tout son corps. Minna alla à elle et essaya de prendre sa main, mais elle re- fusa de la donner et se tourna de l'autre côté, demi-colère, demi- honteuse. Janey, la bouche à moitié ouverte, restait à se balancer contre la porte dans sa façon accoutumée, regardant sa sœur et pous- sant de temps à autre quelque éclat de rire à sa manière en disant : — Mon Dieu ! comme c'est drôle, assurément ! — Cette jeune fille est la sœur de celle-ci, n'est-ce pas ? — S'il en est ainsi, elle fera mieux de s'en retourner. La mère doit être inquiète à leur sujet, c'est probable. * — Oui, chère cousine. Janey, ramenez Peggy chez votre" mère, vous pourrez dire que vous êtes demeurée avec moi. —-Pas d'histoires, Minna Westrop, répondit sévèrement Brid- get, pour ajouter un autre péché sur la tête de cette jeune fille. La vérité, la honteuse vérité doit être révélée. Si cette jeune fille est incapable de répéter ce qui s'est passé, c'est à vous, MinnaT de l'accompagner et de le dire en entier. Janey avait compris qu'elle devait s'en retourner chez sa mère; elle s'avança donc vers Peggy pour l'emmener, mais au moment où elle dit : — Venez avec moi, Peggy, Celle-ci la poussa de côté, et, se laissant aller à un torrent de larmes, elle s'écria: — Pas à la maison ! pas à la maison ! Partout, excepté à la maison.