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iïppxkiatiûw txttnaires. BËRANGER ET PIERRE DUPONT. Les chansons de M. Pierre Dupont ont remis en circulation le mot de poésie populaire, sur le sens duquel tout le monde n'est pas d'accord. D'abord, y a-t-il une poésie populaire en France? je n'hésite pas à répondre non, car je ne puis me déci- der à prendre pour telle les quelques rapsodies du vieux temps, qui surnagent encore dans la mémoire de nos paysans, non que je fasse fi de ces légendes, rapsodies, ballades ou complaintes ; mais elles disparaissent chaque jour. Le peuple, loin de les rechercher, les oublie ; il court après un autre idéal ; et cette poésie, prétendue populaire, existe si peu, que ceux qui affir- ment l'avoir . entrevue, nous citent toujours des légendes anglaises ou allemandes, les noms de Burns ou de Burger. On se souvient que les dernières années de la monarchie de Juillet furent signalées par l'apparition d'un certain nombre de volumes de vers, publiés par des ouvriers ; c'était là un de ces symptômes, doat tout bon gouvernement doit tenir compte, s'il ne veut pas, un jour ou l'autre, être pris au dépourvu. Ce demi réveil poétique témoignait du degré de culture où était arrivé le