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                      DU GÉNÉRAL DE LAPOYPE.                              81
femme du général de Lapoype responsable de la tête de la reine Marie-
Antoinette, enfermée au Temple. Cette mesure en provoqua une autre de la
part de la Convention, qui est une preuye bien précieuse et bien touchante
de la considération méritée qui entourait le général. Cette célèbre assemblée
décida, sur la proposition d'un de ses membres, Jean-Bon-St-André, que les
prisonniers anglais seraient Ă  leur tour responsables sur leurs tĂŞtes de la
sûreté personnelle de M m e de Lapoype et de celle de ses enfants. Les Anglais
qui, eux aussi, savaient justement apprécier le général, se montrèrent pleins
de déférence et d'égards pour la mère et les enfants que les hasards de
la guerre avaient ainsi fait tomber entre lenrs mains. Mme de Lapoype rendit
elle-même le plus éclatant hommage à la courtoisie et à l'humanité de
l'amiral anglais Hood.
    Après la reprise de Toulon sur les Anglais, reprise k laquelle le général
de Lapoype qui commandait la colonne qui avait attaqué le fort Pharon
avait puissamment contribué, ce dernier vint à Marseille dont on lui donna
le commandement, et qui fut, presque aussitôt après son entrée dans cette
ville, mise en état de siège. Les Conventionnels Barras et Fréron exerçaient
alors dans le midi les fonctions terribles et redoutées de proconsuls.
    Ici vient tout naturellement se placer la relation d'un fait entièrement
inédit, dont nous devons la connaissance à la bienveillante obligeance du
général lui-même.
    Ce dernier, commandant en chef de la ville de Marseille et de toutes les
 côtes jusqu'à Toulon, avait sous ses ordres le général Bonaparte, spéciale-
ment chargé du commandement supérieur de l'artillerie. Sans en avoir préa-
lablement conféré avec le général de Lapoype, et sans avoir par conséquent
obtenu son assentiment, le général Bonaparte proposa aux Représentants du
peuple, en mission à Marseille, de réarmer les forts comme ils l'étaient
avant la Révolution, c'est-à-dire dé compléter leur armement, tant du côté
de la ville que du côté de la mer. Le soir même du jour où cette propo-
sition aussi imprudente qu'intempestive fut faite, elle fut connue du club des
Jacobins. Cette assemblée populaire l'accueillit avec des cris d'indignation
et de colère : le nom du général de Lapoype fut alors seul prononcé, car ce
fut d'abord à lui seul que le peuple de Marseille attribua le projet de réar-
mement des forts contre la ville. Il fut à l'instant même dénoncé à la Con-
vention qui, à la réception de cette dénonciation, décréta, le 9 thermidor
(février 1791), que les généraux de Lapoype et Bonaparte seraient traduits à
sa barre.
   Heureusement il se trouva parmi les secrétaires de la Convention un ancien
garde-du-corps, ami particulier du général de Lapoype qui, chargé ce jour-là
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