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                        VltaolûQu.

        MADAME DE SERMEZY. — M. ORSEL.

    Lyon vient de perdre encore une de ses notabilités apparte-
 nant à la génération de Ballanche, d'Ampère, de Mme Recamier.
Une personne distinguée à la fois par sa position dans le monde,
son caractère et son talent de sculpteur, Mme de Sermezy, née
d'Audignac , vient de mourir dans sa propriété à Charentet,
à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, dans toute l'intégrité d'une
des plus fermes intelligences de femme que nous ayons con-
nues. Placée dans des conditions moins favorisées de la for-
tune , ou avec moins de modestie et de religieuse abnégation,
elle aurait pu se faire une position éminente comme artiste.
Elle laisse un grand nombre d'ouvrages , quoiqu'elle sem-
blât donner la plus grande part de son temps aux occupations
ordinaires de la vie de famille et de salon, et qu'elle en consacrât
beaucoup à de fortes lectures et à des études littéraires poussées
très-loin. Elle connaissait les langues anciennes, et ce qui est
plus rare chez une femme de cette génération, elle parlait plu-
sieurs langues modernes, et jugeait très-sainement de leurs
littératures. Elle a tiré de lord Byron un grand nombre de la
multitude de petits groupes qu'elle a exécutés en terre cuite. Le
Musée statuaire de la ville possède d'elle une figure de Psyché
de grandeur naturelle , également en terre cuite , et infiniment
remarquable par l'expression et par la grâce. On voyait, il y a
quelques années, dans le vestibule de l'Académie, une très-belle
statue de Platon, aussi de grandeur naturelle, qu'elle avait
donnée à la Compagnie, et qui avait motivé sa réception dans
ce corps savant. Cette figure se fait remarquer par des qualités
vigoureuses et un sentiment de l'anatomie qui étonnent sous le
ciseau d'une femme. Nous ne savons pourquoi l'Académie a
privé son vestibule de cet ornement convenable à tant de titres,
pour le reléguer au bas du grand escalier du Musée, au milieu
des plâtres de rebut de la collection de la ville. Mme de Sermezy