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                        DE L'UNITÉ DES ARTS.                      405

    entre les arts plastiques, le plus approprié à l'analyse des sen-
    timents, à l'expression des détails de la nature humaine, au rap-
   prochement dans le même cadre de toutes les conditions de la
   vie humaine ; il suppose, de la part de l'artiste, une observation
   plus minutieuse et en même temps une liberté d'esprit plus
   complète pour prendre son sujet partout où il le trouve. Enfin,
   par la façon dont le drame manifeste ses créations, étant resté
   le seul genre littéraire qui entraîne une représentation plastique,
   il s'adresse à un bien plus grand nombre d'hommes à la fois
   que toutes les autres formes de la poésie. Aussi est-il dans les
   tendances de la littérature de théâtre, comme on peut le voir dans
  ce qui se passe chez nous depuis longtemps, de graviter perpé-
  tuellement vers les sphères et les sentiments les plus vulgaires.
   Le théâtre, né de la dernière dissolution de la poésie, devient
  l'agent littéraire le plus actif de la dissolution des sociétés.
      Ainsi, au commencement, un art unique réunissant les arts
  plastiques, la musique, la poésie dans un même but religieux
  et constituant le culte. L'architecture reste le corps, la forme
  extérieure de cet art, dont l'esprit intime est la prière. Un pre-
  mier morcellement dégage l'esprit du corps, la poésie de l'ar-
  chitecture ; ensuite, la poésie religieuse le cède à l'épopée hé-
 roïque, en même temps que l'architecture laisse échapper de sa
  dépendance la statuaire. Enfin, l'art, devenu ainsi tout humain,
 mais héroïque, de divin qu'il était d'abord, subit sa dernière
 transformation en se faisant démocratique et vulgaire par la
 peinture et par le drame.
     Nous pourrions maintenant prendre la peinture et le drame
 à leur naissance, comme arts distincts, et les suivre depuis le
 moment où ils tenaient encore par la racine à l'ensemble reli-
 gieux des arts ; nous les verrions subira leur tour une série de
 morcellements, et engendrer une multitude de genres inférieurs ;
mais ce tableau appartient à l'histoire elle-même, et nous ne
faisons ici qu'un sommaire.
    Au milieu de cette évolution générale de l'art qui emporte
dans un mouvement parallèle les arts plastiques et les arts de
la parole, les destinées de la poésie, considérées dans son en-