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LA SYMPHONIE DU BLEU. Les constellations, comme des diamants, Brillent d'un éclat pur sur ma voûte sereine, Les sphères sont des fleurs dont les reflets charmants Parsèment de splendeurs mon éternel domaine. En vain l'homme éperdu de mon immensité, Comme un nocher pensif interrogeant l'abîme, Voudrait plonger au fond de ma sérénité, 0 vertige ! je suis le Bleu, le Bleu sublime ! L'être réside en moi. De toute éternité, Les germes incréés des âmes et des choses, Les principes vivants dans mon sein ont flotté, Jusqu'au suprême instant de leurs métamorphoses. Zeus, Allah, Jéhova, Jésus, dieux souverains, Que chaque âge, en passant, invoque, prie, adore, Augustes royautés de mes palais lointains, Tour à tour m'ont choisi pour leur temple sonore. Ciel, champs élyséens, olympe, paradis, Je suis tout à la fois pour la croyance humaine ; Les saints, les demi-dieux, les anges, les houris, Tout ce peuple divin dans mes champs se promène. Les rêves font leur nid sous mes bois de cristal ; Au fond de mes vallons chantent les harmonies ; Mes jardins azurés ont la fleur d'idéal Qui jette aux quatre vents ses senteurs infinies. C'est en me contemplant, ô jeune Sanzio , Toi dont l'œil était bleu comme mes flots limpides. Que les vierges naissaient, au bout de ton pinceau, Cachant leur chaste sein sous leurs voiles timides.