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354 LA SYMPHONIE DU BLEU. Alors, baignant d'argent ton front inviolé, Les chœurs silencieux des étoiles de neige Forment, avec amour, ton virginal cortège Dans l'immuable azur qu'aucun vent n'a troublé. Et cependant qu'ainsi, dans l'immense nature, Tout s'apaise et se tait sous les brises du ciel, Pieux et recueilli, comme un prêtre à l'autel, J'écoute le concert de tout ce qui murmure. D'abord l'hymne commence et monte en jets confus ; Les bruits du lac, du mont, des prés, de la colline, Les soupirs des roseaux, l'écho de la ravine, Les sanglots du torrent, le chant des bois touffus Se mêlent comme une onde inquiète et tremblante ; Mais bientôt, dominant les terrestres rumeurs, Le Bleu, vaste océan où plongent les songeurs, Fait entendre sa voix solitaire et puissante ; II. LE BLEU. Je suis le Bleu céleste , insondable, infini, Où, dans l'immensité, se balancent les mondes, J'enveloppe la terre et ses flancs de granit, Et ses lointaines sœurs, les planètes profondes. Dans mes champs étoiles par les grands astres d'or, Les comètes de feu secouant leur crinière Poursuivent au hasard leur inégal essor, Et creusent dans les airs des sillons de lumière,