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LA SYMPHONIE DU BLEU. I. C'est le soir, c'est le soir, ô ma pâle Phœbé ; Déjà l'archer divin penchant sa tête blonde Sur le sein de Thétis, la déesse profonde, Comme un amant rêveur dans la mer est tombé. Le couchant vaporeux, comme un encensoir vide, Eteint ses feux cuivrés et ses nuages d'or, Tandis que dans les cieux, où le jour lutte encor, Le douteux crépuscule étend son voile humide. O Phœbé, les rayons affaiblis lentement Flottent du ciel aux monts et des monts à la plaine, Et la blancheur des soirs s'épanouit à peine Dans le calme outremer qui teint le firmament. Alors, lune d'opale, ô lune des poètes, Sur le splendide Bleu t'avançant à demi, Par degrés, tu parais dans l'éther endormi, Douce reine des nuits qui préside à leurs fêtes. 23