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                           BEAUX-ARTS.                          347
    Nous ne pouvons rendre par des mots tout ce qu'il y a de sim-
plicité, de convenance, de sentiment religieux dans l'ordonnance
de ce tableau. Comme toutes ces têtes sont bien posées ! Comme
chacune de ces figures rend une pensée qui parle au cœur. Saint
Jean surtout est admirable: l'artiste lui a fait un manteau qu'on
dirait tissu avec la laine la plus moelleuse, et teint avec la plus
riche pourpre.
   Les draperies sont fièrement et largement dessinées. Félicitons
l'artiste d'avoir compris l'emploi des couleurs liturgiques. Chez les
saintes femmes domine le violet, couleur de la tristesse. On lit le
martyre et l'amour ardent sur la pourpre de la vierge et du dis-
ciple bien aimé.
   Cette admirable scène se passe sous un ciel de nuit dont le
ton bleu-noir accuse la tristesse. Dans le lointain, se profilent les
croix du Calvaire, puis sur la ville de Jérusalem le dernier rayon
 d'une lumière qui s'éteint !..
    C'est un tableau d'une harmonie délicieuse, la vue s'y repose
doucement et n'est point tiraillée par des teintes violentes et heur-
 tées. Nous avons toujours déploré ces encadrements et ces fonds
 ornementés qui n'ont souvent d'autre mérite que celui d'écraser
 par la richesse des couleurs le sujet principal. La mosaïque et
la draperie ne deviennent des fonds convenables que pour les
 personnages isolés ; mais, lorsqu'on traite un sujet historique,
le paysage, ce nous semble, est l'accessoire le plus rationnel et
 le plus gracieux, puisqu'il consacre le souvenir des lieux témoins
 de l'événement.
    Nous savons qu'on prépare un vitrail représentant le miracle
 des roses de sainte Elisabeth de Hongrie.
    Le peintre avait demandé qu'on le laissât reproduire dans le
 fond la silhouette du château de cette sainte reine. On a exigé
une draperie ; sans doute qu'on se défiait du talent de l'artiste
 et on a pensé que si le sujet péchait sous le rapport de l'exé-
 cution, il y aurait compensation du côté de l'encadrement.
    Nous n'avons pas de conseil à donner ; nous demandons
 seulement qu'on s'inspire du vitrail de l'Ensevelissement, avant
 de prendre une décision.                    L'abbé J. Roux.