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                           SUR L'ABBÉ BONNEVIE.                               317
 née 1816; il le devait au bon accueil qu'il y avait reçu l'année
précédente, à l'empressement que les fidèles avaient mis à en-
tourer la chaire chrétienne d'où il dispensait la parole sainte ; à
la sympathie qui s'était établie entre les auditeurs et l'orateur ;
ce second carême ne fit qu'augmenter sa réputation dans la capi-
tale du midi ; l'enthousiasme pour le prédicateur ne fit que s'ac-
croître par l'enthousiasme que firent éclater les Marseillais pour
la jeune et brillante princesse Caroline des Deux-Siciles qui dé-
barqua au milieu d'eux, pour venir épouser, à Paris, le chevale-
resque et malheureux duc de Berry. La royale fiancée assista,
le jour de la Pentecôte, au sermon de l'abbé Bonnevie, dans
l'église de Saint-Martin. L'orateur ne manqua pas, à la fin de
son discours, d'adresser la parole à celle qui honorait et la re-
ligion et le prédicateur, en venant, au milieu des grands et des
petits, confondre ses hommages et ses prières aux pieds des au-
tels de celui qui juge les princes et les rois.
    Princesse, lui dit-il, vous, dont la présence dans ce temple est un miracle et
un bonheur, quel lieu n'a pas retenti des malheurs de votre maison et de la
nôtre ? Formée à l'école des calamités royales, vous paraissez au milieu de nous
riche des épreuves qui manquent trop souvent aux enfants des dieux de la terre.
 Lien aimable de deux trônes dont l'origine est commune, vous serez bientôt
 l'ornement d'une cour impatiente de partager ses espérances avec vous ; vous
apprécierez bientôt le juste orgueil avec lequel la France parle du prince que
votre cœur a choisi ; vous jugerez, Madame, entre le portrait et le modèle.
Il est digne dé" vous, et vous êtes digne de lui : vous donnerez ensemble les
exemples que la foi réclame des enfants de saint Louis, et la religion paiera
vos exemples de ses douceurs ; votre nom s'unira dans nos chants aux noms si
cbers à notre amour.... Esprit-Saint, bénissez une alliance de laquelle nous
attendons la perpétuité de notre repos, une alliance qui n'est point étrangère
 à l'Europe attentive, une alliance qui réveille tant de souvenirs et promet des
fruits si désirés. Que le flambeau nuptial, dont les rayons précieux vont luire
sur nous, éclaire la légitimité des rois et la sécurité des peuples ; que la fécon-
dité, garantie à la vertu par le ciel, unisse à jamais, comme une guirlande
mystérieuse, les superbes rameaux du tronc sacré qui a sa racine dans le sang
le plus pur et le plus beau de l'univers.

  Ces prières, ces vœux, ces souhaits exprimés en termes si
nobles, allaient d'autant plus aux cœurs émus des Marseillais,