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316 NOTICE BIOGRAPHIQUE
Interprète de toutes les douleurs, il a des accents funèbres pour
les rois et pour leurs sujets, pour les victimes de nos discordes
civiles, comme pour celles des guerres étrangères. C'est ainsi
que, en 1823, il célébrait, dans l'église de Saint-François, au mi-
lieu d'une nombreuse assistance, au bruit du canon qui grondait
en signe de joie sur la place Louis-le-Grand, la gloire de nos
soldats morts en Espagne, sous la conduite de S. A. R. le duc
d'Angoulême.
Il n'y avait pas à Lyon une fête religieuse, une solennité de
la patrie, un concours extraordinaire de fidèles, que l'abbé
Bonnevie ne fût appelé à rehausser par la dignité de sa présence,
par l'éclat de sa parole.
Lyon n'était pas le seul champ que défrichât l'abbé Bonnevie
par son zèle infatigable. D'autres villes de France envièrent le
bonheur de le posséder. Marseille surtout l'écoutait avec un saint
enthousiasme. Il y prêcha trois carêmes, et dans trois circons-
tances bien mémorables. La première, en 1815, au moment où
Napoléon s'échappait de l'Ile d'Elbe; la seconde, lorsque le duc
de Berry épousait la princesse des Deux-Siciles, et la troisième,
le carême qui précéda les événements de juillet 1830.
En 1815, quand la nouvelle du débarquement de Napoléon Ã
Cannes se répandit à Marseille, l'abbé Bonnevie, cédant à l'en-
thousiasme royaliste qui animait les Marseillais contre l'Empe-
reur, exhorta plus d'une fois ses auditeurs à résister au mouve-
ment insurrectionnel. Les Bourbons ayant été obligés de se re-
tirer devant l'entraînement général, il ne crut pas devoir rentrer Ã
Lyon, et, pour éviter les recherches de la police qui aurait pu lui
faire un mauvais parti, il s'embarqua à Marseille, vint à Malaga
où il passa quelques jours, puis, de là , il alla à Gibraltar ; mais la
peste s'étant déclarée dans cette ville, il prit encore la fuite, et
vint s'établir à Tanger. C'est là qu'il attendit la pacification gé-
nérale. Enfin, il rentra à Lyon où il continua de se livrer au mi-
nistère de la prédication.
I Plusieurs villes du midi et plusieurs vénérables pasteurs de
la capitale réclamèrent son zèle pour des stations de carême. La
reconnaissance lui fit un devoir de retourner à Marseille en l'an-
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