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                        SUR I/ABBÉ BONNEVIE.                        315
   consacrant à l'étude les loisirs que lui donnait son titre canonical.
     Ce fut surtout lorsque la Providence eut replacé l'antique fa-
   mille de nos rois sur le trône de saint Louis, que l'abbé Bon-
   nevie sembla donner un plus grand éclat à son heureuse facilité
  et à son goût pour la tribune sainte. Dès 1814, dans la grande
  cérémonie expiatoire du crime commis par quelques Français
  indignes de ce nom, contre le meilleur des rois, la voix publique
  l'avait déjà désigné pour prononcer l'éloge funèbre de Louis XVI,
  de Marie-Antoinette, de Louis XVII et de Madame Elisabeth de
  France, et l'église de Saint-Polycarpe, remplie d'une foule re-
  cueillie, religieuse et attentive, retentit de la voix aimée de son
  orateur de prédilection.
     Quelques mois plus tard, Louis XVIII donne un drapeau au
  13e régiment de dragons en garnison dans notre ville ; c'est l'abbé
  Bonnevie qui, en présence de ces vaillants soldats, rappelle à
  leur fidélité ce que la religion et la patrie attendent de leur hé-
  roïsme en recevant le don précieux de leur roi, qu'ils présentent
  aux bénédictions de l'église. La même année, le 2 novembre,
 la garde nationale fait célébrer un service solennel à la mémoire
  des victimes du siège de Lyon, c'est encore l'abbé Bonnevie
 qui porte la parole, fidèle interprète de la douleur commune.
     En 1818, la mort vient frapper un vieillard vénérable dont
 l'érudition profonde égalait la vertu, et qui, depuis la restaura-
 tion du culte, prodiguait les fruits de sa piété éclairée et de ses
 longues études à la paroisse de Saint-Polycarpe, l'abbé Borelly,
 de sainte mémoire ; son troupeau, en proie à la douleur, veut
 payer un juste tribut de reconnaissance à son pasteur vénéré ;
 l'abbé Bonnevie est encore chargé de raconter, du haut de la
chaire chrétienne, ses vertus, ses longs travaux, les malheurs
 de son exil, sa charité toujours active, sa bonté sans bornes et
sa profonde science.
    M. le comte de Fargues, maire de Lyon, est-il emporté, par
une mort précoce, à la confiance, à l'estime, à l'amour de sa no-
ble famille et de ses concitoyens ? l'élite de la cité accourt dans
l'église de Saint-Pierre pour entendre son éloge mérité de la
bouche de l'abbé Bonnevie, le 22 mai 1818.