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DE LA VILLE DE LYON. 169 e le point de départ de la fin du XV siècle était faux en principe ; rien ne le justifiait d'ailleurs, dans les lignes austères de la ré- gion apsidale de Saint-Jean. Si l'on imite l'art romain, c'est l'époque augustale qu'il faut reproduire, non l'ère dégénérée de Claude-le-Gothique. Enfin, mes vœux ont été compris, et les deux croix rogatoires latines, si justes de proportions, qui couronnent majestueuse- ment les deux clochers orientaux de la basilique primatiale, vont être dorées de la base au sommet.— Béni soit l'ordonna- teur de ce travail ! — Ces deux croix furent posées en 1808; elles sont l'œuvre d'un simple charpentier lyonnais, homme de cœur et de goût. La restauration consistera à les vêtir d'une enveloppe, ou plutôt d'une feuille de bronze qui recevra la do- rure. Ces deux croix sont la continuation, la reproduction exté- rieure des deux croix processionnelles placées derrière l'autel majeur du temple, symbole du concile œcuménique qui pro- nonça la réunion de l'Eglise grecque et de l'Eglise latine, dans Saint-Jean de Lyon. La musicomanie et la gothicomanie sont, à présent, les deux grandes plaies de l'Eglise. Notez qu'à Lyon, ville éminemment ennemie des innovations, ces deux plaies ne viennent point des mœurs lyonnaises, mais résultent d'une sorte de violence qui leur a été faite par des goûts étrangers, qui sont puissants. L'illustre, le pieux novateur placé à la tête de l'apostolique et sainte église de Lyon aura tôt ou tard un successeur. Il est donc utile de constater certains usages de la liturgie lyonnaise qu'il a détruits, et auxquels le chapitre reviendra certainement un jour. Avant l'archiépiscopat de Mgr. de Bonald, immédiatement après l'élévation, un harmonieux groupe d'enfants de chœur, à genoux devant l'autel-majeur, entonnait l'ô salutaris hostia, de l'Eglise. C'était à la^fois solennel, antique, touchant. Le peuple s'associait à ces voix, à cette langue intelligible, traditionnelle de la prière. Aujourd'hui, au lieu de cet admirable concert, qu'avons-nous ? un motet auquel personne ne comprend rien, d'une longueur dé- solante , fatiguant les fidèles par la répétition des mêmes mots ; le mouvement au lieu du recueillement, une détestable musique