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136 BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. temps de la campagne : il savait le latin, le grec, l'hébreu, le chaldéen, l'arabe, l'allemand, l'anglais, l'italien et l'espagnol. 11 avait écrit des commentaires sur Lycophron, poète de l'école d'Alexandrie, au IIe siècle avant Jésus-Christ, et dont l'obscurité est devenue proverbiale. M. de Terrebasse possède un exem- plaire d'Aristophane chargé de scholies et de variantes de la main de Charles de Salvaing, avec la déclaration suivante apposée sur la garde du volume, aux armes de Salvaing : « Les notes qui "Sont à la marge de cet autheur ont esté faictes • par messire Charles de Saluaing,seigneur de Boissieu, mon père : < « qui a esté le plus scauant gentilhomme de son temps, faisant « profession des armes. Et comme sa postérité doit ce respect a « sa mémoire de conserver un tesmoignage si illustre de son « sçauoir, si par hazard ce liure vient a s'égarer, celuy entre « les mains de qui il tombera fera une action d'honneste homme « de le rendre au chef de la maison de Saluaing. « Denys de Saluaing de Boissieu, premier Président en la « Chambre des Comptes du Dauphiné. « A Grenoble, ce XI juin 1663. » L'imprimeur, M. Louis Perrin, a fait passer en pleine page un Adèle et ingénieux fac-similé de cette note. Ce fut donc sous les auspices d'un guide si éclairé et si pas- sionné pour les lettres, que le jeune Salvaing commença ses études ; il les alla continuer au collège de Vienne, comme nous l'apprenons de lui-même : Prima fuit tenerœ délecta Vienna juventœ ; Ausonios docuit prima Vienna sonos (1). Les Jésuites dirigeaient alors dans cette ville un collège com- mencé en 1606, d'après les dessins d'Etienne-Ange Martel, dit le frère Martel-Ange, jésuite né à Lyon en 1599, et mort en 1641. C'est un vaste et beau bâtiment, qui ne fait pas moins d'honneur à cet architecte que la construction de l'Église du Grand-Collège et l'Hospice de la Charité de Lyon. Le P. Ménes- (t) Elegiu de Vilu sua.