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 S2                   LE MONT-D'OR EN       1849.
    Le soleil, au mois de juillet, ne dore la crête de ces monts qu'à
six heures du matin et il les abandonne dès sept heures du soir.
Plaignez les pauvres habitants de ce pays. L'hiver dure chez eux
la moitié de l'année et la neige recouvre des mois entiers leurs
habitations. Elle les fait ses prisonniers, elle les isole les uns des
autres ; hommes et bêtes vivent en commun. Le cochon et la chè-
vre, le chien et le chat ont place au même foyer. Les poules elles-
mêmes courent à travers la maisonnée. Cette réclusion forcée
rend les esprits paresseux, les corps lents dans leurs mouvements;
elle apprend à ne rien faire, mais aussi à vivre de peu. La men-
dicité est à l'ordre du jour. L'amour du gain et le far niente
sont les deux grandes passions des indigènes. Il faut qu'ils
vivent toute l'année sur la saison des eaux qui dure deux
mois à peine. Aussi exploite-t-on à qui mieux mieux le tou-
riste et le malade. On est à eux corps et âme. On met à leur
disposition sa maison, sa chambre, son lit, son âne, son cheval,
voire même son dos.
    Une douzaine de familles se sont partagé le Mont-dOr ; chacune
 d'elles cumule plusieurs industries. Avez-vous cassé le grand
 ressort de votre montre, on vous envoie chez le maréchal-ferrant?
 Madame a-t-elle une ombrelle à réparer, on lui indique le ser-
rurier ? Voulez-vous une potion calmante, c'est M. le maire qui
va vous la préparer ? Avez-vous besoin d'une pâtisserie pour
attendre le dîner, courez au plus vite chez le dépositaire des
incrustations de St-Nectaire? Vous faut-il des vêtements de laine,
le maître d'hôtel vous les vendra le plus cher possible ? Cherchez-
vous des chevaux, chaque habitant vous offrira le sien, au prix
du jour, suivant le temps qu'il fera ?
    Les montures du Mont-d'Or viennent toutes de la Bretagne.
C'est là qu'on va les chercher pendant l'hiver pour la saison d'été.
On les revend ensuite. Ces chevaux sont petits de taille, ont le pas
sûr, et vont au gré des cavaliers inexpérimentés qui les montent.
Un des heureux privilèges de ses inoffensifs Pégases, c'est qu'ils
ne s'emportent jamais. Les accidents sont rares et les imprudents
ne manquent pourtant pas. Les sites à visiter sont nombreux, et
c'est hier, de toutes les manières de tuer le temps la meilleure