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                       LE MONT-D'OR EN 1849.                      53
 qu'on ait au Mont-d'Or. Le Château de Murolle vous offre ses
 ruines ; le val d'Enfer et le lac Pavin, leur aspect sombre et dé-
 solé, leurs superstitieuses légendes. Le salon de Mirabeau et celui
 du Capucin vous présentent leurs moelleux tapis, leurs résineux
parfums et leurs riantes tentures de forêts.N'oubliez pas le Paradis
 de M. Guillaume, et je vous souhaite d'y rencontrer cet aimable
 philosophe. Les cascades du Serpent, du Rossignolet, de la Ver-
 nière, du Queureilh, vous appellent de loin, vous invitent au
 repos et vous convient à leurs-splendides beautés, à leurs mys-
 térieuses harmonies.
    Quand vous irez à la cascade du Queureilh, vous apercevrez
 devant vous, sur le versant de la montagne, caché à travers la
 verdure et de grands arbres, un petit village qui, pendant la pre-
 mière révolution, a donné une généreuse et sûre hospitalité à quel-
ques Lyonnais forcés, pour avoir pris part au siège de Lyon, de se
dérober à toute poursuite. Lyonnais, saluez le village du Queureilh.
 — Vous trouverez encore sur votre route une croix de pierre sur
 laquelle sont gravés ces noms : Constantin et Louis C. N., puis
 une date. Comme j'avais beaucoup de temps à dépenser, je me
 mis à chercher l'explication de ces noms. Je ne trouvais rien,
quand je vis passer devant moi un homme du pays. Je l'inter-
 rogeai. — Ce sont mes frères, me dit-il, qui, après avoir failli
périr dans les neiges, égarés qu'ils étaient, ont fait le vœu d'éle-
ver celte croix et l'ont accompli. Singulier hasard qui avait jeté
en face de moi le frère de Constantin et de Louis Cohadon !
   C'est une terrible occupation que celle de n'avoir rien à faire.
On ne peut pas toujours lire les journaux, causer de tout et de
rien, s'occuper de son prochain et prêter une complaisante oreille
au piano de de la jeune fille qui vous rejoue pour la vingtième
fois son air favori. Que faire ! pour s'occuper, on est capable de
tout. Il y a des Anglais qui se tuent pour tuer le temps.
   Il arrive bien parfois que quelqu'artiste de renom s'arrête au
Mont-d'Or pour y donner un concert. Nous y avons entendu
George Hainl, le Batta de Lyon; Richelmi, le roucouleur de ro-
mances. Mais, hélas ! le plus souvent ce sont d'amers désappoin-
tements. Défiez-vous de l'orchestre de Clermont, s'il doit cou-