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 50                  LE MONT-D'OR EN       1849.
 l'ait persister dans mon hérésie. M. Ramond, dont je vénère la
 mémoire, et qui m'honorait de son amitié, a le premier écrit
Mont-Dore, Mons Doura ; orthographe adoptée par tous les na-
 turalistes modernes. C'est fort bien. Mais Vogel et bien d'autres
avaient dit mons aureus in herbis...., mons aureus in aquis,
etc. ; et puis, est-ce de la Dor, Doura, que dérivent les noms de
 Trador, en latin trajectus auri ; Banne d'or, cornu auri, et
autres lieux de désinence semblable que l'on trouve dans nos
montagnes, à une grande distance de la Doura. Rien de plus
élastique que les étymologies.- on y trouve tout ce qu'on veut.
Voilà Malte-Brun, qui ne veut pas plus de Mont-d'Or que de
Mont-Dore, qui écrit et prétend qu'on doit écrire Mont-Dor. J'ai
la possession, la très-antique possession pour moi, et, en vieil
encroûté, j'ajoute : ne dérangez pas le monde, laissez chacun
comme il est :
    Mont-d'Or, Mont-Dore, Mont-Dor : entre eux le débat. Je me
sauve de la mêlée. »
                                        M. BERTRAND.
    Laissez-moi vous parler un peu du docteur Bertrand. Je l'ai
 retrouvé ici, après douze ans d'absence, sous une couronne de
cheveux blancs. C'est toujours le roi de ce pays, un souverain ab-
 solu ; il en reste peu par le temps qui court. La République avait
 bien essayé de toucher à cette royauté-là, mais plus solide que son
aînée, celle-ci n'a pas tardé à reprendre un trône qui passait pour
vacant, bien qu'il fût occupé. Le croirait-on ! l'homme le plus spi-
rituel de France, M. Altaroche, signa de son nom la destitution du
docteur Bertrand, comme si la politique devait jamais destituer
le savoir, la science, la probité. Soyez donc commissaire du gou-
vernement ; appelez-vous donc Altaroche pour laisser enlever à
votre plume une pareille signature. En vérité, le pouvoir donne
le vertige, comme les abîmes. Quoiqu'il en soit, écoutez bien
ceci, c'est de l'histoire....
   Le 10 mars 1848 parut, dans le Moniteur, l'arrêté qui suspen-
dait de ses fonctions M; Bertrand, médecin-inspecteur des eaux
depuis 1804, et lui donnait pour successeur M. le docteur L***,
alors républicain de la veille.