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                     LE MONT-D'OR EN 1849.                         49
   Rassurez-vous, Mesdames, je n'en dirai rien. Je ne parlerai non
plus ni des propriétés de la source thermale ni de sa composi-
tion chimique. J'abhorre toute analyse. Je laisserai les malades
à leur docteur, et je tirerai un voile discret sur toutes les in-
firmités humaines qui se donnent ici rendez-vous. J'ai, d'ail-
leurs, dans un autre chapitre de cette Revue (1), raconté déjà
l'emploi d'une journée au Mont-d'Or. Nous causerons de tout
autre chose.
    Ce ruisselet qui coule sous vos yeux, que vous arrêteriez dans
vos deux mains, c'est la Dordogne, née 'de l'alliance de la Dore
avec la Dogne ; c'est la Dordogne, cette rivière qui porte bateau
et qui distribue au loin nos produits de tout genre. C'est elle qui
fournit, dès sa source, les excellentes truites saumonées que
l'on sert sur votre table. C'est de Clermont qu'on vous envoie
tout le reste, car ce pauvre pays ne produit rien, pas même le
tubercule de Parmentier, l'humble pomme de terre.
    J'avais toujours cru naïvement, je l'avoue, que Dore avait
donné son nom au village thermal, et aussi m'obstinais-je à
écrire Mont-Dore (Mons Duranus ou Duronius ) au lieu de
Mont-d'Or (Mons aureusj. Les érudits s'amusent aux étymolo-
 gies: c'est un plaisir comme un autre. Mais ils sont rarement
 d'accord entr'eux. I^es uns prétendent que, dans beaucoup d'i-
 diomes, les mots Dore,dor, dur, udor sont l'équivalent à'aqua,
 eau, je ne m'y oppose pas. Les autres soutiennent que, dans la
 langue celtique, dor, dur, signifie montagne : je le veux bien en-
 core. Le docteur Bertrand est venu enfin mettre un terme à mes
 irrésolutions : voici la lettre que je lui dois à ce sujet, et que je
 conserve précieusement comme un autographe qui a bien sa
 valeur.
    > La cosmographie de Belleforest est, si je ne me trompe, le
     >
premier ouvrage imprimé où il soit question du MonWOr, or-
 thographe qui se retrouve dans les titres des anciens seigneurs,
 et, sans exception, dans tous les ouvrages de chimie et de méde-
 cine où il est fait mention de nos eaux. Celte dernière raison me

  (i) Revue du Lyonnais, f. X, p. 38o.
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