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M. A.-C.-H. THIMOLET. 39
n'est pas l'embarras, je ferais peut-être mieux de laisser son
imagination galopper dans le champ des fictions pour me trouver
une vie pittoresque et romantique. J'y gagnerais les regrets de ce
bon public et rirais à cœur joie, — dans le monde de vérités, où je
ne désespère pas d'aller, —des mensonges débités dans celui-ci
en ma faveur. Mais qu'il se console, je ne touche pas à ma vie
privée, qui ne m'appartient pas en entier, je la laisse derrière le
mur, et l'abandonne à la fécondité de son génie, et à son bon
plaisir....
Décidément mes raisons ne valent pas le diable ! Je crois que je
ferais mieux de dire tout bonnement que j'écris pour me désen-
nuyer, admettons cela, et n'en parlons plus.
VIE ARTISTIQUE
DANTHELME-CLAUDE-HONORÉ TRIMOLET,
ÉCRITE PAH LUI-MÊME.
La pure et belle matinée du seizième jour de mai 1798 délivra
mon excellente mère de la rude corvée de me lancer dans ce
monde. A cette époque, mon père, autrefois dessinateur pour la
broderie, avait quitté cette profession perdue par suite de la ré-
volution française qui abolit les vêtements ornés d'or et de soies
aux brillantes couleurs, pour y substituer la simple carma-
gnole (1). Voulant utiliser le peu qu'il savait de dessin, il entre-
prit la peinture sur métaux, branche pour ainsi dire nouvelle,
et à laquelle l'invention des quinquets donnait une assez grande
importance.
Ma carrière d'artiste ne s'annonce pas comme celle de presque
(i) Cette phrase est infiniment trop longue , mais elle dit tout ce que je
veux, et je ne saurais comment la raccourcir sans lui sortir cette qualité.