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LA SOURCE ETERNELLE. 11 Tes poètes aimés, tes peintres, et, le soir, L'archet qui nous enlève, Plus rien d'humain ne rend à ton cœur un espoir, À ton esprit un rêve ! Celle dont un seul mot te faisait si joyeux Prend tes mains et t'attire, Ton regard va glacer jusqu'au fond de ses yeux Les fleurs de son sourire. Tu vois tout à travers une froide vapeur ; Tu passes lent et sombre ; Ta vie, objet pour tous d'ironie ou de peur, Est le rêve d'une ombre. Mais, tout à coup, l'esprit déchirant son linceul, Vers le désert t'emmène ; Jusqu'aux âpres sommets cultivés par Dieu seul Tu fuis la race humaine. Tu vois les noirs sapins sous leurs neigeux manteaux, Les lacs dans les cratères; Tu vois la blanche nue argenter les plateaux Tout rouges de bruyères.