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368              LOUIS-PHILIPPE D'OKLÉANS.

fonts baptismaux par l'auguste couple qui marchait ainsi au-
devant de l'échafaud.
    Cette première démonstration ne fut que le prélude de plus
graves écarts. Louis-Philippe s'affilia à la société des Jacobins,
et ce fut sur ses pressantes instances que le trop fameux
Collot-d'Herbois, qui présidait alors cette assemblée, y admit
 le duc de Montpensier. Une infidélité de Clarke, ancien se-
 crétaire des commandements du duc d'Orléans , et depuis
 ministre de la guerre, livra au premier Consul, qui lefitim-
primer en 1803, le manuscrit du journal tenu à cette épo-
 que par le jeune duc de Chartres. Il est juste de reconnaître
 que rien n'y signale la participalion du prince aux motions
 extravagantes ou sanguinaires qui se succédaient alors à la
 tribune des Jacobins ; mais tout y respire la haine de la
 royauté et un amour fanatique de la liberté. Parle-t-il du
 trône de Fiance, c'est pour dire « qu'il aimerait mieux le
 manger que de s'y asseoir; » il salue d'un enthousiasme sans
 bornes le drame du Despotisme renversé, et raconte qu'il a
 donné deux louis à la musique de son régiment pour avoir
 joué l'air révolutionnaire de Ça ira, etc.
    Cette direction si contraire aux devoirs d'un prince du sang,
troublait profondément l'âme droite et pure de la duchesse
d'Orléans, déjà si vivement blessée dans ses sentiments d'é-
pouse et de mère. Dans une lettre écrite sur la fin de 1790,
à son mari, alors exilé en Angleterre, on voit celle digne
fille du duc de Penlhièvre exhaler avec une respectueuse li-
berté ses plaintes sur la conduite de son fils et déplorer sur-
tout son affiliation à cette société dont le fanatisme démago-
gique préparait à la France, par le renversement du trône,
une ère d'incalculables calamités : « Si les Jacobins, lui dit-
elle , étaient composés de députés seulement, ils seraient
moins dangereux , parce qu'ils seraient connus par leur con-
duite à l'Assemblée, et que l'on pourrait prévenir mon fils;