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LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS. 369
mais comment le mettre sur ses gardes vis-Ã -vis d'un tas de
gens qui y ont la majorité , et qui sont bien propres à égarer
les principes d'un jeune homme de dix-sept ans ! Si mon fils
en avait vingt-cinq, comme je vous l'ai dit, je ne serais pas
tourmentée, parce qu'il pourrait distinguer par lui-môme ;
mais à dix-sept ans, jeté dans une société de ce genre, en
vérité, mon cher mari, cela n'a pas de raison ; et que ce soit
nous, que ce soit ses parents, qui, pour faire son éducation,
l'envoient aux Jacobins, me paraît et paraîtra sûrement à tout
le monde une chose inconcevable, et me ferait en vérité re-
gretter qu'il fût sorti des mains de madame de Sillery. »
La guerre, qui ne larda pas à éclater sur les frontières de
la Belgique, vint donner un autre cours aux idées du jeune
duc de Chartres, et ouvrir une carrière plus pure et plus légi-
time au besoin de distinction et de popularité dont il parais-
sait dévoré.
Ce prince qui, dès l'âge de quatorze-ans, avait reçu le grade
de colonel du régiment de Chartres, passa en novembre 1785
au commandement du 14e de dragons. Il se fit néanmoins
inscrire en 1791, comme simple fusilier dans le bataillon des
gardes nationaux de Sainl-Roch, sous le titre de citoyen de
Paris. \ers cette époque, les colonels titulaires ayant reçu
l'ordre de se mettre à la tôle de leurs régiments, il alla tenir
garnison à Vendôme, où il fut assez heureux pour donner des
preuves publiques de son courage et de son humanité. On le
vit déployer le zèle le plus intelligent et le plus assidu dans
l'exercice de ses devoirs militaires. Il partit à la fin de 1791
pour commander la place de Valenciennes jusqu'Ã la fin d'a-
vril 1792. A celle époque, il entra dans l'armée active sous
les ordres du duc de Biron, ami personnel de son père. On
sait que les débuis de celte première campagne de la révolu-
tion ne furent pas heureux. Biron fut battu à Quiévrain, et
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