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                 DU PRINCIPE M0BAL


 DANS LA RÉPUBLIQUE,
                                 DISCOURS

              PBOMORCK   A LA   FACULTÉ   DES L t T T B E S   Dr.   LYON,

                            L.V. Ã I   MARS   lS/|8.




    Àu début de cet enseignement, nous avons salué le génie de la
 France comme l'initiateur politique et moral des nations moder-
 nes. Nous avons signalé dans l'œuvre littéraire des deux derniers
 siècles une prédication incessante des vérités qui devaient trans-
 former le monde social. L'art infécond de bercer les âmes en de
 vagues rêveries, de charmer les yeux par les couleurs et les
images , de lancer la fantaisie loin des réalités , cette littérature
 sans conclusions pratiques qui suffit à d'autres peuples, elle n'a-
vait pu satisfaire la conscience de nos grands écrivains ; l'imagi-
nation fut toujours chez eux subordonnée à de plus mâles apti-
tudes. Dans cet immense atelier de la pensée humaine où Dieu
distribue à chaque nation une tâche spéciale, « le génie de la
France, disions-nous , est placé pour accomplir autre chose
qu'une œuvre d'imagination et d'art pur ; il est chargé d'éclairer
les principes fondamentaux de la justice et du droit, d'introduire
dans la politique les conséquences du christianisme, d'achever
l'affranchissement de l'humanité. Pendant deux siècles, l'œuvre
littéraire de la France depuis les Provinciales jusqu'à l'Emile,
depuis Cinna jusqu'à Mahomet n'a été qu'un gigantesque plai-
doyer politique, dont Rousseau fit la véhémente péroraison ;
plaidoirie tour à tour grave et légère, ironique ou enthousiaste ,
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