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132 L'ÉGLISE D'AINAY.
subirent d'abord et adoptèrent ensuite la civilisation et les
lois des vainqueurs. A l o r s , l'élément romain s'impose
en conquérant à notre architecture comme à nos insti-
tutions.
Le christianisme débordant des Catacombes où il prélu-
dait, par les enseignements de sa morale sublime, Ã la con-
quête de l'univers, vient bientôt s'asseoir sur le trône des
Césars. Luttant vainement contre les bienfaits d'une religion
régénératrice, le Paganisme voit ses temples crouler de
toutes parts, et, sur leurs ruines, et avec leurs débris mêmes,
s'élèvent les sanctuaires du Dieu de paix et de miséricorde.
Cependant les exigences du nouveau culte et bientôt la
désolation causée par l'invasion des peuples barbares font
perdre à l'architecture romaine la pureté primitive de ses
formes, de là ce style archilectonique, appelé par convention
style roman (architecture romaine dégénérée ), style qui ca-
ractérise les monuments religieux élevés sur le sol de no-
tre patrie à partir du Ve siècle.
Aux types sévères de l'architecture romaine se combinent
bientôt les éléments pleins de grâce et de hardiesse d'un
style nouveau. L'architecture byzantine, ou pour mieux dire
neo-grecque, constate son existence dans les empires d'Orient
et d'Occident par deux édifices élevés dans de vastes pro-
portions et revêtus d'une décoration jusqu'alors inconnue.
Ces édifices sont Sainte-Sophie à Conlantinople et Sainte-
Vitalis à Ravenne.
Ce fut seulement au XII e siècle, après les pérégrinations
d'artistes, pendant les Croisades, que s'importa sur notre
sol tout le luxe de l'ornementation orientale. Les monuments
religieux revêlent alors de nouvelles formes. L'arc ogival qui
s'était accusé timidement à la fin du XIe siècle, devient bien-
tôt l'élément générateur de notre architecture nationale. La
forme de celte arcalure se prêtait admirablement aux dé-
veloppements du plan des édifices religieux; aussi nos pères
en consliluèrent-ils un nouveau style d'architecture (ogival
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