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388                        VOYAGE A VIENNE.

qu'on peut rencontrer ailleurs. II y a là des savants, des phi-
losophes et des poètes. Le peuple aussi y reçoit, à un degré
convenable, l'instruction primaire. Le gouvernement y veille,
comme à beaucoup de choses, avec un soin paternel et habile,
pour que ce savoir coule dans les canaux qu'il lui creuse,
et ne déborde pas ailleurs. Mais tout cela est contenu, dirigé
bien loin de l'esprit d'appréciation et des tendances larges
et généreuses. La liberté de la population autrichienne, c'est
la liberté de l'espalier qui étend ses branches autant qu'il
veut, mais symétriquement, en éventail, aplati contre le
mur. Cet état de choses, il faut le dire encore, est accepté à
Vienne ; l'espalier n'a pas des branches indisciplinées ; il se
complaît à la régularité, et trouve que le mur lui sert d'appui.
   Pour donner une idée des voies innocentes par lesquelles
ce gouvernement, habile de son point de vue, mène, autant
qu'il le peut, ce peuple de bonne volonté, je dirai qu'il e n -
courage et développe, dans de très larges proportions, l'étude
de la botanique, par exemple: les révolutions ne se cachent
pas sous l'herbe, et ne sortent pas du calice des fleurs. Oui,
vraiment, ce peuple a toute liberté en ce qui concerne la
botanique ! Les princes du sang et les familles patriciennes
donnent cet exemple hardi ! Ils donnent eux-mêmes de sa-
vantes solutions aux questions les plus hasardeuses qui se
rattachent à cette science. Qui pourrait y trouver à redire?
La botanique a son charme, et procure, dit-on, des joies


mesure cependant ne serait pas le parti le plus sage, car elle ne seivirait qu'à
aigrir les esprits. »
   Ceci paraît sérieux et remarquable, surtout dans un royaume dès longtemps
adhérant à l'Autriche, et qui s'était montré jusqu'ici tiède et de bonne
composition à l'endroit de ses franchises. Chose bien digne d'attention encore :
la Bohême invoque comme garantie ces traités de Vienne, que l'Autriche
vient de méconnaître et de violer à l'égard de Cracovie. Les violations font
craindre les violations. Les injustices éveillent les peuples.