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             DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS.                    77

le coloris pur et sans manière, la touche gracieuse et spiri-
tuelle de ces portraits, exécutés avec une conscience à la-
quelle les portraitistes à la mode ne nous ont pas habitués,
en font de véritables chefs d'œuvrc.
     MM. Dolard, Grobon, Lavergne ont exposé des portraits
qui ne sont pas sans quelques qualités, mais dont nous ne
saurions nous occuper après ceux de M. Malet.
     Nous ne pensions pas qu'il fut possible d'aller plus loin
que M. Vibert n'était allé précédemment dans ses portraits
 au crayon, mais celui qu'il a exposé cette année, et qui at-
 tire les regards de tous les connaisseurs, prouve qu'un ar-
 tiste toujours très bon peut encore devenir meilleur. Il n'est
 pas un peintre qui ne voulut avoir fait ce portrait si plein
 d'expression, d'un style si simple et si élégant, où la finesse
 el la correction du crayon ne nuisent point à la fermeté du
 modelé! Toutes les parties sont traitées consciencieusement ;
 les yeux surtout sont enchâssés d'une manière qui sent le
  maître. C'est une de ces productions qui classent un h o m m e .
     M. Vibert (Auguste) n'a besoin que d'oser ; trop de timidité
  peut nuire même à un peintre de miniature ; mais s'il n'a pas
  la force, on ne peut lui refuser la grâce el l'élégance. Le
  ton général du portrait de Mm* F. est très fin, el l'arrange-
  ment est de bon goût.
      On a souvent comparé M. Dubuisson à M. Duclaux, quoi-
  qu'il n'y ail entre eux d'autre ressemblance que leur goût
  qui les a portés à traiter les mêmes sujets, M. Dubuisson,
  talent original el vigoureux, peint de verve, jette son inspi-
   ration sur la toile, et, lorsque son idée est rendue, s'inquiète
   peu d'en terminer les détails ; chez M. Duclaux, au contraire,
   on trouve le fini du dessin et la conscience, cachet dis-
   tinclif de son talent. Mais il a le défaut de ses qualités, et
   peut-être refroidit-il la nature à force d'analyse, de recherches,
   de relouches ; on conçoit que deux genres aussi opposés ayent
   leurs admirateurs et leurs détracteurs; mais nous rendrons
   justice à tous deux. Le sabot cassé est plein de mouvement,