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le Roussillon, ne sont pas indignes de l'estime qu'en fait en cet eii droit le poète romain. Plusieurs autres provinces gauloises sont encore mentionnées par Pline pour les vins qu'elle produisaient : ce sont la Séquanie, l'Auvergne, le territoire de Vienne, et le pays des Helviens. Jam inventa, dit-il, per se in vino pitem resipiens, Viennensem agrum nobilitans,Averno, Sequanoque et Helvico generibus, nonpridem illustrata (1). Je ne sais si l'on trouverait ailleurs quelque notion sur ces vins des Sequani et des Arverni. Il y a aujourd'hui des vins estimés dans la Franche-Comté, qui est l'ancienne Séquanie ; je ne sache pas que ceux de l'Auvergne aient encore de la célébrité hors de cette province et de ces vers de Boileau (2) : D'un Auvergnat fumeux, qui, mêlé de lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage. Mais nous voyons que saint Sidoine Apollinaire fait mention des vignobles qui couvraient les coteaux de cette province (3). Quant aux Helvii, dont la ville principale, AlbaHelviorum, avait accordé au marchand Minthatius le droit de siéger dans ses assemblées, Pline parle d'un plant qui leur était propre : Septimo Une anno in Narbonensis provincice Alba Helvia, inventa est vitis uno die de- florescens, ob id tutissima, etc. (4). Je ne saurais dire si c'est de leur nom que vient celui d'un autre plant appelé par le naturaliste Helvenacum, qui était fort estimé, qu'on avait tenté vainement d'acclimater en Italie, et qui produisait des vins fort capiteux (5), ce qui convient assez aux vins duYivarais connus aujourd'hui. Mais les vins du territoire de Vienne ont une plus grande célébrité chez les anciens. On les trouve mentionnés par Plutarque, comme fort estimés des Romains (6); et par Martial, qui, dans une épi- (1) Nat.lùs. XIV. \ (3). (2) Sat. III. (3) Epist. IV, 21. (4) Nat. Mit. XIV, 5 (4). (5) lbid. XXIII, l (24). (6) Sympos, Vj 3 ; edit. paris.,p. 676.