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250 mêmes aboutir à un centre commun qui est la régence géné- rale de la phalange. Mais la question qui semble la plus difficile à résoudre est celle de la répartition des produits entre les divers membres dont la phalange se compose. Fourier la résout avec autant d'équité que de bonheur. Trois éléments concourent à la production des richesses, le capital, le travail et le talent. Chacun dans la phalange comme dans une société par action touche un intérêt proportionnel au capital qu'il a apporté. Le talent s'apprécie et se mesure par les grades dont un in- dividu est revêtu dans les groupes divers dont il fait partie. Enfin, le simple travailleur, celui qui n'a ni capital, ni talent est assuré d'un minimum au moins égal au salaire qui existe dans la société actuelle, plus d'une certaine part dans les bénéfices de la phalange. Mais la conception de Fourier n'est pas limitée aux bor- nes étroites d'une phalange, elle embrasse l'univers tout en- tier. Fourier et ses disciples pensent qu'un jour viendra où toute la surface du globe sera couverte de phalanstères, où le genre humain tout entier sera distribué en phalanges. Alors les nations, au lieu de consumer leurs efforts à lutter les unes contre les autres, travailleront d'un accord commun à embellir, à améliorer ce globe que la divine Providence leur a donné pour séjour. Alors ces armées entretenues à grands frais pour porter partout la dévastation et la ruine se changeront en des armées pacifiques, industrielles dont le but sera de fonder et non de délruire. Alors avec le concours de toutes les nations de l'univers s'exécuteront de gigantesques travaux qui changeront la face du globe. Les isthmes seront coupés, tous les fleuves seront rendus navigables et seront contenus par des digues immenses, les déserts arides seront changés en de vertes forêts. Pour tous ces travaux d'une grandeur fabuleuse, il faudra cependant moins de capitaux.