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mêmes aboutir à un centre commun qui est la régence géné-
rale de la phalange.
   Mais la question qui semble la plus difficile à résoudre est
celle de la répartition des produits entre les divers membres
dont la phalange se compose. Fourier la résout avec autant
d'équité que de bonheur. Trois éléments concourent à la
production des richesses, le capital, le travail et le talent.
Chacun dans la phalange comme dans une société par action
touche un intérêt proportionnel au capital qu'il a apporté.
Le talent s'apprécie et se mesure par les grades dont un in-
dividu est revêtu dans les groupes divers dont il fait partie.
Enfin, le simple travailleur, celui qui n'a ni capital, ni talent
est assuré d'un minimum au moins égal au salaire qui existe
dans la société actuelle, plus d'une certaine part dans les
bénéfices de la phalange.
   Mais la conception de Fourier n'est pas limitée aux bor-
nes étroites d'une phalange, elle embrasse l'univers tout en-
tier. Fourier et ses disciples pensent qu'un jour viendra où
toute la surface du globe sera couverte de phalanstères, où
le genre humain tout entier sera distribué en phalanges.
   Alors les nations, au lieu de consumer leurs efforts à lutter
les unes contre les autres, travailleront d'un accord commun
à embellir, à améliorer ce globe que la divine Providence
leur a donné pour séjour. Alors ces armées entretenues à
grands frais pour porter partout la dévastation et la ruine se
changeront en des armées pacifiques, industrielles dont le but
sera de fonder et non de délruire. Alors avec le concours de
toutes les nations de l'univers s'exécuteront de gigantesques
travaux qui changeront la face du globe. Les isthmes seront
coupés, tous les fleuves seront rendus navigables et seront
contenus par des digues immenses, les déserts arides seront
changés en de vertes forêts. Pour tous ces travaux d'une
grandeur fabuleuse, il faudra cependant moins de capitaux.