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193 véque devait ensuite expliquer aux fidèles, comme l'indique encore cette phrase de l'exhortation du pontife aux futurs lecteurs dans le Pontifical-romain : Lectorem siquidem oportet légère ea quœ (ou ei qui) prœdicat. Les anciens écrivains nous révèlent, à ce sujet, quelques particularités dignes d'attention. Ainsi, nous voyons que le lecteur, pour remplir cette fonction, montait dans la chaire, vrai- semblablement à un degré moins élevé que la place de l'évêque ou du prêtre qui prêchait. Saint Cyprien le donne à entendre en plu- sieurs endroits, notamment quand il dit : Nihil magis congruit voci quœ Dominum gloriosa prœdicatione confessa est, quam celebran- dis divinis lectionibus personare, post verba sublimia quœ Christi martyrium prolocuta sunt evangelium Christi légère, ad pulpi- tum post catastam venire etc. (1) ; et ailleurs : Super pulpitum, id est tribunal ecclesiœ, oportebat imponi,ut légat prœcepta et Evangelium Bomini, etc. (2). Il paraît aussi, par ces citations, qu'alors, en Afrique du moins, il appartenait aux fonctions de cet ordre de lire même les leçons de l'Evangile; cela est indiqué encore dans cet autre passage du même docteur : Nihil est in quo magis conj'essor fratribus prosit quam ut, dum evangelica lectio de ore ejus auditur, lectoris fidem quisquis audierit imitetur (3). Ce ne fut que plus tard que les lecteurs chantèrent les leçons qui fai- saient partie de l'office, disposé comme nous l'avons aujourd'hui (4), Il semble que la garde des livres saints était aussi une des fonctions des lecteurs : on peut citer, sur ce fait, l'autorité de saint Augustin, qui fait dire à un évêque : Scripturas lectores habent (5). On trouve moins formellement indiquée chez les anciens écrivains ecclésiastiques une autre fonction que le Pontifical romain attribue (1) Epist., XXXIII; Op. p. 46, (2) Epist. XXXIV; Op. p. 48. (3) Ibid. (4) Dans l'Eglise de Lyon, les prophéties qui précèdent l'Epilre, à fa messe de quelques grandes fériés, sont aussi chantées par des lecteurs, revêtus de l'aube et portant le manipule entre les doigts : celte dernière particularité doit avoir une ancienne origine que je ne saurais expliquer. (5) Cont. Crescon., III. 39; Op. lom. IX, col. 451. 13