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véque devait ensuite expliquer aux fidèles, comme l'indique encore
cette phrase de l'exhortation du pontife aux futurs lecteurs dans le
Pontifical-romain : Lectorem siquidem oportet légère ea quœ (ou ei
qui) prœdicat. Les anciens écrivains nous révèlent, à ce sujet,
quelques particularités dignes d'attention. Ainsi, nous voyons que le
lecteur, pour remplir cette fonction, montait dans la chaire, vrai-
semblablement à un degré moins élevé que la place de l'évêque ou
du prêtre qui prêchait. Saint Cyprien le donne à entendre en plu-
 sieurs endroits, notamment quand il dit : Nihil magis congruit voci
quœ Dominum gloriosa prœdicatione confessa est, quam celebran-
dis divinis lectionibus personare, post verba sublimia quœ Christi
martyrium prolocuta sunt evangelium Christi légère, ad pulpi-
 tum post catastam venire etc. (1) ; et ailleurs : Super pulpitum,
id est tribunal ecclesiœ, oportebat imponi,ut          légat prœcepta et
Evangelium Bomini, etc. (2). Il paraît aussi, par ces citations,
qu'alors, en Afrique du moins, il appartenait aux fonctions de cet
ordre de lire même les leçons de l'Evangile; cela est indiqué encore
dans cet autre passage du même docteur : Nihil est in quo magis
conj'essor fratribus prosit quam ut, dum evangelica lectio de ore
ejus auditur, lectoris fidem quisquis audierit imitetur (3). Ce ne
fut que plus tard que les lecteurs chantèrent les leçons qui fai-
saient partie de l'office, disposé comme nous l'avons aujourd'hui (4),
Il semble que la garde des livres saints était aussi une des fonctions
des lecteurs : on peut citer, sur ce fait, l'autorité de saint Augustin,
qui fait dire à un évêque : Scripturas lectores habent (5).
  On trouve moins formellement indiquée chez les anciens écrivains
ecclésiastiques une autre fonction que le Pontifical romain attribue

  (1) Epist., XXXIII; Op. p. 46,
  (2) Epist. XXXIV; Op. p. 48.
    (3) Ibid.
   (4) Dans l'Eglise de Lyon, les prophéties qui précèdent l'Epilre, à fa messe
de quelques grandes fériés, sont aussi chantées par des lecteurs, revêtus de
l'aube et portant le manipule entre les doigts : celte dernière particularité
doit avoir une ancienne origine que je ne saurais expliquer.
    (5) Cont. Crescon., III. 39; Op. lom. IX, col. 451.
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