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 l'Église. Tertullien en a parlé, en signalant le désordre et la confu-
 sion que les hérétiques de son temps avaient introduits dans la hié-
 rarchie de leurs églises, ou rien n'était stable. Itaque, disait-il, alius
 hodie episcopus, cras alius : hodie diaconus, qui cras lector : hodie
presbyter, qui cras laicus : nam et laids sacerdotalia munera iti-
jungunt (\). Quant à saint Cyprien, il a nommé fort souvent les
lecteurs dans ses lettres, dont j'aurai bientôt à citer les passages les
plus intéressants. Plus tard, à l'époque de la persécution de Dioclé-
ticn, nous trouvons les lecteurs et leur principale fonction mention-
nés dans les actes de plusieurs martyrs, saint Pullion, ou Pollion,
 et les compagnons de son supplice. Lectorum, y est-il dit             qui
eloquentiam divinam populis légère consueverunt (2).
    L'an 398, fut tenu à Carthage un concile, qui est le quatrième
célébré dans cette ville, et dont les actes sont précieux, surtout
 comme nous faisant connaître l'ancienne discipline de l'Eglise, par
rapport aux cérémonies des ordinations. Celle des lecteurs n'y a pas
été oubliée : on l'y retrouve tout-à-fait semblable, pour la matière et
la forme, comme parlent les théologiens, à ce qui fut réglé plus tard
par le Sacramentaire du pape saint Grégoire, à ce qui s'observe en-
 core de nos jours dans l'église latine, conformément au Pontifical
romain. Voici ce que prescrivait, dans son Ville canon, cetteassem-
blée ecclésiastique, à laquelle nous devons tant de notions d'une
haute importance historique : Lector cum ordinatur, faciat de illo
verbum Episcopus ad plebem, indicans ejus fidem ac vitam, atque
ingenium. Post hœc, spectante plèbe, tradat ei codicem de quo lec-
turus est, dieens ad ettm : Accipe, et esto lector verbi Dei, habitu-
rus, si fideliter et utiliter adimpleveris officium, partem cum eis
qui verbum Dei administraverint (3).
  LECTOR A LEGENDO, a dit saint Isidore de Séville (4). On n'aurait
pas besoin de cette citation pour connaître les fonctions ordinaires
du lecteur, qui consistaient à lire les leçons de l'Ecriture que l'é-

  (i) De prœscripiion., XLI.
  (2) Ruinart, Acla mart., édit, in-[°, p. 4 0 i .
  (3) Labbe, ConciU, tom. II, col. 1200.
  [i) Etym.,yi\, 12.