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   — Aumônier-chapelain, dit-elle, nos souverains ne sont ils
pas les représentants de Dieu sur la terre ?
   — Oui, princesse, lorsqu'ils sont doux et humains.
   — On leur doit soumission comme à Dieu; et comme lui,
ils ont droit aux sacrifices f
   — Cela est vrai, noble dame.
    — Lorsque le Dieu d'Abraham exigea de lui l'immolation
de son enfant, le patriache obéit?
    — C'était uniquement pour éprouver sa foi que Dieu lui
commandait, mais vous savez qu'un ange arrêta le bras du
 sacrificateur.
    — Abraham s'était déjà résigné, ajouta la princesse, et res-
pectait la volonté de Dieu ? On dit bien que Dieu n'eut ja-
 mais commandé un tel sacrifice â une mère ; mais, aumô-
 nier, dites combien une mère eut été agréable à Dieu en lui
 cédant son fils, termina la dame de Jarez, arrêtant des r e -
 gards pleins de feu sur la mère et sur l'enfant.
    Il était facile de voir que le démon possédait la pauvre
 dame de Jarez. Son égarement ne décessait plus et jetait la
 peur même parmi les siens.
    Elle s'approchait de l'enfant qu'elle dévorait de ses embras-
 semenls, chaque baiser laissait une empreinte de sang.
    L'enfant finit par pousser des cris d'effroi, et l'horrreur de
 sa fin prochaine marquait déjà sur son visage.
    Les étreintes delà châtelaine allaient redoubler et devenir
 de plus en plus violentes, quanti une voix se fit entendre :
    Par le baptême, cet enfant est à moi!—s'écria cette voix, d'un
 accent terrible.
     Celait le chapelain que l'ange sauveur d'Isaac inspirait.
     Le démon prit la fuite et la dame de Jarez retomba dans
 sa langueur.
     Les hallebardiers quiltèrenl la salle, et les prières des agoni-
  sanls recommencèrent auprès de la princesse, à la lueur des
  lampes saintes.
     Cependant la pauvre mère était toujours à se débattre pour
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