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                   DE L'HISTOIRE DE LYON7.                   487

 sont devenus les éléments au moyen desquels ses chefs ont
 été poursuivis devant les tribunaux. Ces réquisitoires passion-
 nés dans lesquels les paroles et les écrits sont cités par frag-
 ments, ces enquêtes naturellement dirigées dans le sens et
 avec la partialité des accusations politiques, sont les maté-
 riaux incomplets qui ont été abandonnés à l'Histoire, et qui
 ont été recueillis par des écrivains animés de la même mal-
 veillance. En écartant les inexactitudes matérielles et les exa-
 gérations évidentes de ces écrivains, en recherchant avec la
 bonne foi que le temps seul peut donner, la vérité sur les
 vues de ce parti, on trouve un démocralisme radical et ab-
 solu , un langage empreint d'une exaltation fiévreuse, et
beaucoup plus encore de violence dans les paroles que dans
les acles ; du moins ces appels au meurtre et à la guillotine
 qu'il répétait sans cesse ne furent, par impuissance ou autre-
 ment, que de vaines menaces, et ce fut lui, au contraire, qui
dans la personne de ses principaux chefs, subit l'épreuve des
supplices. Son principal caractère est un socialisme vague et
sans théorie, se manifestant par une haine prononcée contre
les riches et par des déclamations contre les droits de la pro-
priété. Il allait, sous ce rapport, beaucoup plus loin que les
Jacobins de Paris, et se rapprochait de la société des Corde-
Iiers et des Hébertistes. C'est un fait assez remarquable que,
dans la ville de Lyon qui passait pour avoir embrassé tiède-
ment les derniers développements de la Révolution, il y eut
une secte qui dépassa même tout ce qui s'imaginait dans
cette fournaise d'idées et de passions du grand centre révolu-
tionnaire. Cette secte vaincue, persécutée, décimée, persista
et fournit des martyrs aux dernières tentatives de la révolu-
lion radicale ; elle a des noms compromis dans le complot de
Babeuf et dans l'échauffourée du camp de Grenelle.
   Parmi les chefs de ce parti, nous avons déjà nommé Cha-
lier, à l'enthousiasme mobile et désordonné. Bertrand, le chef