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               DE LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE.                 451

tribué par leur influence à fortifier le mouvement philoso-
phique d'où devait sortir la philosophie du XVIIe siècle. Tels
furent Giordano Bruno qui enseigna et eut des disciples à
Paris ; Vanini qui passa en France une grande partie de sa
vie errante, et expia à Toulouse, par une mort plus cruelle
encore que celle de Ramus, la témérité de ses opinions
philosophiques et religieuses ; tel fut aussi Campanella qui,
échappé des cachots des inquisiteurs et des Espagnols, vit
achever paisiblement en France, une vie orageuse sous la
protection du cardinal de Richelieu. Avec des formes moins
scientifiques, Rabelais et Montaigne, animés de ce même
esprit de critique et d'indépendance qui de tout côté se fai-
sait jour, contribuèrent aussi à discréditer en les couvrant de
ridicule, l'esprit et les formes de la philosophie scholastique.
Il ne faut pas oublier Gassendi, à la fois prédécesseur et
contemporain de Descartes. Gassendi, dans ses Exercitationes
paradoxicœ adversus Aristotelem, porta le dernier coup à la
philosophie scholastique et à l'autorité d'Aristote, vainement
défendue par les arrêts des parlements et de la Sorbonne, et
le premier, peut-être, il donna chez nous l'exemple d'une
discussion philosophique élégante, claire et précise.
  Mais si les libres penseurs du XVIe siècle ont commencé
au péril de leur vie cette révolution, du sein de laquelle de-
vait sortir la philosophie française ; ils n'ont pas eu la gloire
de l'achever. Ils ont préparé, mais ils n'ont pas constitué la
philosophie française. Cette gloire, vous le savez, appartient
à Descartes.
   La philosophie française, sortie du sein des ruines de la
scholastique, vers la fin du XVIe siècle, fécondée par le
sang de quelques généreux martyrs de l'indépendance de la
raison, définitivement fondée par Descartes, nous présente,
dans son histoire, trois grandes révolutions , en comptant
celle qui lui donna naissance. A partir du milieu du XVIIe