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434 VOEU A LA POÉSIE. Quand le soleil trop lourd à midi le repousse, II se tait et se cache en son abri de mousse. Ne touchez pas à l'arbre où chantent ses amours, L'hôte mélodieux s'enfuirait pour toujours. Tant que la voix de l'homme et le marteau des heures N'étouffent point en nous les voix intérieures, Il faut nous recueillir, répétant leurs leçons, Comme l'écho répète au désert nos chansons. Puisque nous avons l'ame assez jeune, assez pure, Pour réfléchir ta face, ô sereine nature; Que nous aimons encore à sonder les secrets Dits par l'onde aux rochers, par le vent aux forêts; Que nous cherchons toujours derrière ces images L'ame et Dieu, se parlant à travers les nuages; Chantons, comme la brise, et les flots et les bois, Découvrons à la terre un esprit sous ses voix, A cette grande lyre empruntons des paroles, Parlons avec le cœur la langue des symboles, El soyons, comme tout ce qui vit en tout lieu, Une corde vibrant pour l'amour et pour Dieu ! L'amour et Dieu ! la flamme et le foyer, la source Vers qui revient le fleuve, à la fin de sa course, Le même être en deux noms, qu'ils disent inventés Et voudraient désapprendre à nos temps révoltés. Mais nous, enfants pieux, dont l'espérance est forte, Nous, qu'une ardente foi vers le bonheur emporte, Nous, fils des anciens jours, qui n'avons pas encor, Entre l'homme et le ciel, brisé la chaîne d'or;