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JEAN-BAPTISTE LANOIX. 413 La doctrine de Mesmer avait trouvé de très nombreux par- tisans dans toutes les classes de la société, même parmi les personnes le plus haut placées dans la hiérarchie de la science; et le côté merveilleux de la découverte était habilement ex- ploité par son auteur, dont le nom seul avait un immense retentissement. Lanoix ne pouvait rester indifférent au bruit de tant de prodiges. Séduit, entraîné par tout ce qu'il entendait raconter, et voulant voir par lui-même , il se rendit à Paris. Présenté à Mesmer, il se fit initier à la théorie de sa doctrine et à son application au traitement des maladies, car son esprit positif, son désir ou son besoin de trouver aux choses un côté utile, l'aurait tenu en garde contre la séduction, si le magnétisme ne s'était manifesté à lui que sous le point de vue merveilleux. Mais, par malheur, il crut de suite entrevoir dans cette découverte les moyens de la rendre profitable à l'humanité en l'employant au soulagement des maux qui l'assiègent. Pour résister à un si flatteur entraînement , il eût fallu à Lanoix des connaissances positives, en médecine et, par malheur encore, ces connaissances n'étaient point au nombre de celles qu'il possédait. Aussi, la séduction fut-elle complète; aussi le chimiste fut-il bientôt un vrai croyant dans la foi magnétique, et garda—t—il cette foi jusqu'à la fin de ses jours. Il revint à Lyon, l'imagination remplie de tous les mira- cles qu'il avait vus ou qu'il s'était figuré voir, et crut rendre de grands services à la science et à l'humanité en propageant les idées de Mesmer, comme aussi en appliquant le magné- tisme au traitement de toutes les maladies pour lesquelles on venait le consulter. Le baquet magnétique fut bientôt établi dans son officine qui devint le rendez-vous de tous les adep- tes, de tous les admirateurs de celle doctrine, et le nombre