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ET DE SA HÉPAHAT10N. 337 cœur porte toujours aux grandes choses, celui qui en manque reste dans les petites. Avec le sentiment de l'absolu on ne peut moins faire que d'aimer; aimer, c'est porter en soi le véritable sentiment des choses. Le sentiment de l'absolu ou l'amour c'est la môme chose. Mais avec la pensée du relatif, il ne faut plus s'éton- ner qu'on n'aime point, car le relatif n'en vaut pas la peine. Les hommes qui sont dans l'indifférence ont grandement raison de s'en flatter, c'est toujours une preuve du bon goût de la nature humaine ! Cependant, comme les hommes de l'égoïsme ont senti quel- que chose dans leur nature de supérieur à ce monde, ils croient en effet que quelque chose dans leur moi est supérieur à ce monde. Ils pensent secrètement qu'il y a en eux de grandes idées que ce pauvre monde ne saurait apercevoir, et que les choses ne sont pas à leur place. C'est d'après ce sentiment qu'ils jugent de Dieu. Puis, dans leur orgueil, ils méprisent; ils méprisent ce monde et ces hommes qui ne sauraient les comprendre (1). Du mépris des hommes, on arrive à la haine ; de là il n'y a qu'un pas à faire pour aborder l'injustice et entrer dans le crime. Mais quelle chose frappante 1 les hommes ont identité d'o- (i) Quand on voit stéréotypé sur les lèvres d'un homme, ce sourire du dé- dain dont se décore la véritable sottise, on est certain d'avance qu'il y a là un homme qui ne croit pas et qui n'aime pas. A-t-on l'occasion de l'entendre, dès les premières paroles, on aperçoit l'orgueil et un scep- ticisme très fier de lui-même, sortir avec complaisance de ses pensées, de ses poses, et même de sa voix. Il sourit, c'est qu'il méprise ; il mé- prise, c'est qu'il n'aime pas. Et remarquez que ce plaisant sourire n'appar- tient qu'aux hommes du Monde, ou à la folle jeunesse. C'est un moyen de paraître spirituel: on doute, on a donc beaucoup d'esprit! On ne. voit jamais ce sourire sur les hommes de Dieu, et sur ceux dont l'âge a ramené Ja sagesse, 22