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MÉMOIRE SDR L'ATLANTIDE. 307
CHAPITRE II.
SITUATION DE L'ATLANTIDE.
Sur ce sujet, que de systèmes divers ont été enfantés ! Pres-
que tous les auteurs qui, admettant l'existence de l'Atlantide,
ont voulu s'occuper de sa situation antique, ont apporté quel-
que système particulier. C'est un véritable dédale d'opinions
diverses et même contradictoires. On peut reprocher en quel-
que sorte à tous de n'avoir pas assez suivi les vestiges de la
tradition et de n'avoir pas donné une attention assez grande
aux indices que nous fournissent les écrits de Platon et des au-
tres auteurs de l'antiquité.
Avant d'exposer tous ces systèmes et de les examiner, il me
semble convenable de rappeler quelques points tirés du récit
de Platon, et sur lesquels notre jugement doit nécessairement
s'appuyer. Car c'est d'après la manière dont ces systèmes s'en
rapprocheront, ou qu'ils s'en éloigneront, que nous devrons
juger du degré de probabilité qu'ils présentent.
Le premier point : c'est que l'Atlantide était située prin-
cipalement dans la mer appelée de son nom Atlantique et vers
les colonnes d'Hercule.
Le second : c'est qu'elle était étendue, comme la Lybie et
l'Asie réunies (1).
Le troisième : une partie devait longer la Méditerranée,
ses limites s'approcher de l'Egypte et de la Lybie, et être à la
portée de la Grèce que ses peuples envahirent.
(i) Remarquons que les Grecs, surtout au temps de Platon, ne connaissaient
gucres l'Asie que jusqu'à l'Euphrate. Alexandre et ses conquêtes n'avaient
pas encore reculé jusqu'à l'Indus les bornes de cette partie du monde.