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258                 MADEMOISELLE DE MAGLAND.
que sa maîtresse venait d'arriver, et que fort indisposée, elle s'étaît
mise au lit en défendant qu'on entrât chez elle.—Mais M. de la Roche-
marqué n'est-il donc pas revenu avec elle, s'informa Marie. Je crois
bien qu'il l'a accompagnée, mais je ne l'ai pas vu, répondit la carrié-
riste. — Raoul, dont la toilette doit être fort pittoresque dans ce
moment, dit Auguste, sera retourné tout.droit à Hauterive, sans
penser que je l'attendais ici. — Mais pourquoi par un temps pareil
ne pas prendre une voiture ici, dit Marie? — Je vais, si vous me
le permettez, dit Auguste, profiter de celle qui vient de revenir pour
aller le rejoindre, et demain matin je vous apporterai de ses nou-
velles, en venant faire poser les tableaux de votre chambre.
    Le lendemain, Auguste vint de bonne heure; Marie l'attendait.
— Mon père est malade des suites de notre course d'hier, dit-elle,
il n'a pu quitter son lit. — C'est comme Raoul, dit Auguste, il
m'a fait dire par son valet-de-chambre qu'il garderait l'appartement,
ce qui m'aurait inquiété, si je n'avais rencontré sur l'escalier le
succulent déjeûner qu'on lui montait ; je peux donc complètement
 vous rassurer de ce côté-là. Ne venez-vous pas assister à l'arrange-
 ment de vos tableaux, on vous attend. — Faites comme vous l'en-
 tendrez, dit Marie, je retourne auprès de mon père.
    En arrivant dans le cabinet de Raoul, Auguste s'arrêta devantdes
 traces de boue que des empreintes de pas avaient laissées sur le
 parquet luisant. Elles venaient du côté de la bibliothèque, et se di-
 rigeaient vers la chambre à coucher. Il les suivit. C'est singulier,
 pensa-t-il, il y a ici une odeur de musc ; on dirait qu'Alix a passé
 par là ; elle qui a poussé la bégueulerie au point de se fâcher, quand
 je lui ai offert de visiter l'appartement de Raoul, avec nous, elle
  y sera venue seule. — En disant ces mots, il entra dans la chambre
  à coucher, vrai chef-d'œuvre de recherches de bon goût, dans le-
  quel il s'admirait de toute sa bonne foi et de tout son amour-propre
  d'artiste. De merveilleuses bordures sculptées et dorées encadraient
  de magnifiques tentures des Gobelins; un superbe brocard à double
  reflet, or et rouge, jaune et verd, foisonnait en larges plis aux fenêtres,
  et autour du lit. Une table d'ébène sculptée, valant son poids d'or, et
  un de ces rarissimes secrétaires venus de Florence, incrustés d'i-
  voire, aux cent tiroirs, aux innombrables secrets, avec deux beaux